(photo : Baudouin)
(photo : Baudouin)

À deux heures au sud-est de Paris, le vignoble de Chablis ressemble à une oasis viticole, nichée au sein de vastes cultures céréalières. C’est la Bourgogne du nord, plus discrète que sa voisine beaunoise. Et plus simple, avec quatre appellations seulement : Petit Chablis, Chablis, Chablis premier cru et Chablis grand cru. Le tout en chardonnay, seul cépage autorisé. Comme le résume bien Louis Poitout, membre de la fédération de défense de l’appellation, « le chardonnay, il y en a partout sur la planète, mais le caractère minéral qui ressort à Chablis, on ne le retrouve nulle part ailleurs ». Ce que confirment les six maisons et châteaux à avoir ouvert leur porte pour une Escapade publiée dans Terre de vins n°67, actuellement en kiosque.

Épisode 3 : Château de Béru

Retour aux sources
Sa vue sur les collines du Chablisien, son immense allée de tilleuls, la fraîcheur de ses caves, et ce calme… Le château de Béru est un lieu qui invite à la contemplation, à décrocher, un peu hors du temps. On s’imagine facilement les premiers propriétaires : des moines cisterciens du XIe siècle, qui produisaient déjà du vin. Par la suite, les crises se sont succédé et ce n’est que dans les années 1980 que le comte de Béru décide de replanter ses terres. Lorsque la question de la reprise se pose, en 2006, sa fille Athénaïs hésite peu : « J’ai fait un choix passionnel, idéaliste », admet celle qui travaillait à l’origine dans la finance. « La condition était que je le fasse à ma manière. » C’est-à-dire en biodynamie. L’approche exclut les pesticides et désherbants et favorise les remèdes naturels, des tisanes pour la vigne. « Et elle nous le rend à 300 % ! » se félicite Gaëlle Ribé, bras droit d’Athénaïs depuis six ans. L’œnologue ne veut brusquer ni la plante ni ses vins, qui supportent vingt-quatre à trente-six mois d’élevage. Ceux-ci doivent « prendre le temps d’évoluer ». À Béru, c’est le « temps long » qui prime, jusque dans les pierres des bâtiments, où l’on aperçoit ces petits coquillages fossilisés typiques du Chablisien. Un terroir que notre palais reconnaît en dégustant le Montserre 2018 (30 €) : un vin précis, complexe et élégant, comme les autres cuvées du château. Vins qui s’expriment d’autant mieux que de très faibles doses de sulfites leur en laissent la possibilité. Alors, pourquoi se presser ?
CHÂTEAU DE BÉRU – 89700 BÉRU
03 86 75 90 43 – Site internet

Épisode 1 : La Chablisienne
Épisode 2 : Domaine du château de Fleys