(photo : Emmanuel Perrin)
(photo : Emmanuel Perrin)

À la limite septentrionale des Coteaux-d’Aix-en-Provence, au nord de l’agglomération aixoise, quelques domaines et une coopérative ont su valoriser les terroirs les plus froids de l’appellation, à l’abri du massif de Vautubière ou de la chaîne de la Trévaresse. Ici, les rouges ont su se faire une place au soleil. Démonstration en 6 étapes.

Retrouvez l’intégralité de cette Escapade dans le Terre de vins n°69, disponible sur notre kiosque digital.

Épisode 3 : Domaine Saint Bacchi

L’art des monocépages
C’est un petit domaine familial de 5,5 hectares, l’un des plus petits du secteur, mais Christian Valensisi, agriculteur à l’origine et vigneron autodidacte depuis près de vingt ans, n’en veut pas plus. Il a commencé à travailler la vigne dans des fermages alentour qu’il aimerait aujourd’hui abandonner s’il n’était si attaché à ces vieux alicantes Bouschet rescapés des arrachages massifs. Un cépage mal aimé « à cause des rendements élevés qui donnaient des vins peu qualitatifs ». Il est pourtant parvenu à élaborer un vin friand, Carpe Diem (12,50 €), en réduisant les macérations avec une pressée directe qui permet d’alléger le vin en perdant un peu de couleur. Le vigneron aime les défis. D’abord faire renaître le vignoble, propriété de sa famille depuis plus d’un siècle, qui avait été arraché dans les années 1980. Après des grenache, syrah, cinsault, cabernet sauvignon, classiques en Coteaux-d’Aix, il a planté ses premières vignes en blanc avec du rolle mais également du viognier (dans la cuvée Ôrus – 15 €) et de la roussanne, avant de tenter le tempranillo et, cette année, le chenin. « J’aime élaborer des vins de cépage, surtout en blancs, pour conserver leurs caractéristiques et faire ressortir le terroir. Je joue sur les vinifications, avec ou sans macération, avec ou sans sulfites, et sur les élevages pour des cuvées de niche de 2 500 bouteilles au maximum, plutôt en IGP et Vin de France, sauf pour le rosé, plus facile à vendre en AOP. » Une démarche comparable aux copains des domaines voisins auprès desquels il a beaucoup appris (Revelette, La Réaltière, Vignelaure, Mas Juliette…). Comme eux, le domaine certifié bio, tendance biodynamie, est cultivé sans intrants, utilisant principalement du compost maison. Il a encore 1,5 hectare à planter, peut-être en muscat petits grains et syrah. Le vignoble est adossé à une magnifique chapelle, lieu de mariages et d’événements, avec gîtes, géré par la sœur et le beau-frère de Christian. Tout en conservant la culture de 25 hectares de céréales bio, Christian Valensisi a également repris le suivi technique du tout nouveau domaine du Fotograph, à Vidauban, acheté par un Anglo-Russe. Un terrain de jeu propice à de nouvelles expérimentations d’élevage en microcuvées, surtout en rouge, et sans contraintes financières. Le rêve de tout vigneron en somme.

13490 Jouques
06 12 63 33 88

Épisode 1 : Château Revelette
Épisode 2 : Château Vignelaure