Claire Canolle (photo Emmanuel Perrin)
Claire Canolle (photo Emmanuel Perrin)

Les Coteaux-Varois, AOC depuis 1993, devenus Coteaux-Varois-en-Provence il y a quinze ans, font bel et bien partie de la grande famille provençale, par le climat, les paysages, les cépages mais également par leur écrasante proportion de rosés. Nichés dans une Provence verte plus discrète que le littoral bondé, ils offrent un environnement préservé entre forêts, montagnes et abbayes, que nous vous invitons à découvrir dans le Terre de vins n°65.

Épisode 5 : Bastide Saint-Julien

Vue sur la Loube
« Saint-Julien a toujours produit beaucoup de rouges car une part importante du vignoble est plantée en cabernet sauvignon, raconte Claire Canolle, à la tête de la Bastide Saint-Julien. C’était déjà le cas du temps de mon grand-père, Maurice, entrepreneur en BTP qui a racheté le domaine agricole il y a près de trente ans, et nous n’avons pas changé malgré l’engouement pour le rosé. » D’où une tendresse particulière pour le Renaissance rouge 2015 (12,30 €), à marier aux plats en sauce. C’était son premier millésime, à base de carignan, syrah et cabernet, mais aussi le seul pour cette cuvée, le domaine ayant dû renoncer aux vignes de carignan en fermage. Claire envisage d’en replanter après le marselan, pas encore en production, et le merlot l’an prochain. La vigneronne a également été l’une des premières à associer le grenache blanc au rolle autochtone pour apporter de l’aromatique à la rondeur. Les vignes avaient au début des années 90 remplacé pommiers et amandiers, les vieux cépages comme l’aramon avaient cédé la place au cabernet, à la syrah, au grenache et au rolle et la propriété s’était dotée d’une cave à l’orée du siècle. Claire savait dès l’adolescence qu’elle voulait vendanger et vinifier ; elle a donc naturellement repris le vignoble familial avec son cousin Lucas, qui s’occupe de l’oliveraie et bientôt du nouveau verger d’amandiers. Sa mère, Geneviève, qui a beaucoup voyagé, notamment en Afrique du Sud où l’œnotourisme est particulièrement développé, a donné l’impulsion pour transformer la Bastide en maison d’hôtes. Elle y a imaginé et décoré cinq chambres au style contemporain ou plus provençal, mêlant bois, métal et végétal, assorties d’une salle de réception pour 400 personnes, une salle de séminaire bordant la piscine, un grand jardin fleuri avec « une vue dont on ne se lasse jamais sur le massif de la Loube ». Il y a même un potager pour proposer quelques assiettes le midi et pour la cueillette du jour, si le cœur vous en dit.
Bastide Saint-Julien – 83170 La Celle
04 94 86 26 60 – Site internet