Gilles Masson et Nathalie Pouzalgues (photo Emmanuel Perrin)
Gilles Masson et Nathalie Pouzalgues (photo Emmanuel Perrin)

Les Coteaux-Varois, AOC depuis 1993, devenus Coteaux-Varois-en-Provence il y a quinze ans, font bel et bien partie de la grande famille provençale, par le climat, les paysages, les cépages mais également par leur écrasante proportion de rosés. Nichés dans une Provence verte plus discrète que le littoral bondé, ils offrent un environnement préservé entre forêts, montagnes et abbayes, que nous vous invitons à découvrir dans le Terre de vins n°65, actuellement en kiosques.

Épisode 2 : Domaine Masson

Une vie dédiée au rosé
S’il ne fallait désigner qu’un seul spécialiste du rosé, ce serait celui-là. À la tête du centre d’expérimentation et de recherche dédié au rosé depuis sa création il y a plus de vingt ans, ce chercheur, rattrapé par le virus de l’œnologie, a fait « le pari du rosé à une époque où la couleur n’était guère à la mode – on en consommait moins de 10 % en France, aujourd’hui plus d’un tiers – et où il n’était même pas perçu comme un vin par nombre de dégustateurs, se plaît à rappeler avec ironie Gilles Masson. Le vin était une façon de me rapprocher de mon père passionné par le sujet, de mon grand-père qui faisait une piquette de grappilles imbuvable du côté d’Arles puis de ma belle-famille, coopérateurs varois ». Passionné par « un métier où l’on apprend toujours, d’abord les mains dans la terre », Gilles Masson est devenu vigneron en dilettante à partir de 2002 en rachetant quelques parcelles, travaillées le week-end. Cheville ouvrière du Centre du rosé, « forcément, un jour, on a envie de faire son propre vin, une idée qui revient régulièrement, même si l’on n’y pense pas tous les jours ». Aujourd’hui à temps partiel pour s’occuper de ses 23 hectares en conversion bio (la certification est prévue pour le prochain millésime), il confie toujours une partie de sa production à la coopérative, « ce qui permet un paiement confortable pour absorber les frais du vignoble » et parce qu’il en apprécie tout particulièrement « l’esprit collectif et l’expérience de la vigne qui [lui] a permis de devenir un directeur plus pragmatique ». Le domaine Masson, au pied du massif du Bessillon, est né officiellement en 2016. « J’avais un trac terrible car, de la théorie à la pratique, il y a souvent un gouffre. » En quatre millésimes, l’œnologue reconnaît avoir déjà beaucoup évolué en devenant de plus en plus strict sur les maturités, de moins en moins interventionniste en cave, plus en quête du fruit et de la finesse, moins de l’extraction, avec l’aide précieuse de sa compagne Nathalie Pouzalgues, de surcroît l’œnologue du Centre du rosé. Au domaine, le tandem multiplie les essais et les assemblages pour les rosés, même si la gamme est dans les trois couleurs, et Gilles avoue travailler aussi à un rouge « plus sérieux » en grenache et cabernet sauvignon, plutôt de garde. En attendant, il est prévu d’aménager une terrasse au-dessus de la cave entre les étoiles et les cigales pour proposer des dégustations en plein air, peut-être cet été.
Domaine Masson – 83119 Brue-Auriac
04 94 80 09 49 – Site internet