Le lundi 30 novembre, ils seront plus d’une trentaine en dégustation au stade de Rennes, dès 15h pour les professionnels et dès 17h pour le grand public. « Terre de Vins » a tendu le micro à Frédéric de Luze, président de l’Alliance des Crus Bourgeois, pour vous en dire plus sur les membres de cette grande fratrie médocaine.

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Qui est mieux placé pour parler des Crus Bourgeois du Médoc que leur président, également viticulteur au château Paveil-de-Luze (Cru Bourgeois Margaux), Frédéric de Luze ? Leur histoire avec la Bretagne, leur unité, leur bon rapport-qualité prix, leurs ambitions, leurs défis… A une semaine de l’événement rennais, il vous dit tout sur les Crus Bourgeois.

Après Lille l’an dernier, les crus bourgeois débarquent à Rennes. Pourquoi venir en Bretagne ?
Historiquement, la Bretagne a toujours été un marché très important pour les vins de Bordeaux. La consommation et la notoriété y existent déjà, on vient réveiller ce marché.

Le public rennais est-il donc déjà connaisseur et amateur de vins de Bordeaux ?
Oui, il connaît bien nos vins. Il faut notamment aller vers les jeunes consommateurs, car ils ont un intérêt croissant pour les vins de Bordeaux, ils sont de plus en plus curieux. Nous nous déplaçons pour expliquer qui nous sommes, ce que nous faisons de nouveau et ce qui a été mis en place au niveau qualitatif depuis maintenant plus de six ans. Il est important d’aller à la rencontre des consommateurs pour les connaître et les comprendre.

Avec cette dégustation, le but est-il de montrer que les Crus Bourgeois arrivent à allier racines historiques et tradition, avec dynamisme et modernité ?

Exactement. Les Crus Bourgeois remontent à la nuit des temps. Mais nous sommes les seuls au monde à avoir mis en place un tel système. Nous offrons une garantie au consommateur que tout ce que l’on met en bouteille passe des examens. Grâce à ce système, on a assisté à une remarquable progression de qualité depuis 2009. Tous nos viticulteurs savent que pour rester Cru Bourgeois, il faut donner satisfaction à tous les niveaux, pas seulement lors des assemblages. Il est indispensable de bien travailler toute l’année.

Se déplacer en groupe, telle une grande famille, c’est important ?
L’alliance des Crus Bourgeois est une famille, une sorte de club. Les gens sont solidaires, on tire tous la charrette dans le même sens. Entre les six appellations communales (Saint-Estèphe, Pauillac, Saint-Julien, Moulis-en-Médoc, Listrac-Médoc, Margaux) et les deux sous-régionales (Médoc et Haut-Médoc), avec près de 300 propriétés, nous couvrons une région de 80 km nord-sud et 20 à 30 km est-ouest. Sur de telles distances, nos terroirs sont différents. Tous ensemble, nous sommes représentatifs du Médoc. Il faut montrer cette richesse à travers ce type de dégustation.

Quels sont les traits d’union qui vous rassemblent dans une seule et même famille, au-delà de la variété des propriétés ?
Certes, nous avons des terroirs très différents et chaque viticulteur fait son vin comme il l’entend, mais la majorité des propriétés appartient à des familles. Souvent les propriétaires vivent sur place, proches du vignoble. Nous voulons valoriser cette passion des viticulteurs pour leur terroir. Il y a dans les Crus Bourgeois quelque chose de très humain. Les viticulteurs sont d’ailleurs très souvent en personne derrière leurs bouteilles pour les présenter lors des dégustations.

Quand un consommateur voit la mention « Cru Bourgeois » apposée sur une bouteille, doit-elle être pour lui un gage de qualité et fiabilité ?
Absolument. La majorité des consommateurs trouvent que la mention « Cru Bourgeois » est représentative de qualité. Les stickers apposés sur les bouteilles permettent d’identifier parfaitement notre famille de crus. Aux dégustations, on fait découvrir et on explique l’utilité de ce sticker. Lors de l’achat, entre deux bouteilles, il doit permettre de choisir le Cru Bourgeois en toute confiance, et avec la certitude que la qualité sera au rendez-vous. Et qui plus est, en bénéficiant d’un rapport qualité-prix exceptionnel, compris entre 7 et 25 €.

Le projet de classement quinquennal à l’horizon 2020, avec l’instauration d’une hiérarchie au sein de la famille des Crus Bourgeois, vise-t-il à favoriser encore davantage la lisibilité de l’offre ?
Ce classement donnera plus de repères aux consommateurs, mais aussi aux acteurs de la filière. Nous avons toujours veillé à favoriser la perception et la compréhension des Crus Bourgeois par le consommateur. Mais il faut aussi penser aux viticulteurs et à ceux qui commercialisent les vins. Par exemple, si un viticulteur travaille avec un négociant, il doit expliquer qu’il est Cru Bourgeois, mais qu’il n’a pas encore la certitude de l’être pour les deux ou trois millésimes suivants, car il doit passer les tests avec succès. C’est très contraignant, surtout quand on sait que le but d’un viticulteur est de construire une commercialisation répétitive, qui revienne d’année en année, pour installer sa distribution. Or, avec cet aléa, c’est très compliqué. Et puis il existe actuellement un autre problème : sur une même appellation, deux Crus Bourgeois ont parfois une grande différence de prix. C’est délicat à faire comprendre au public. Avec le classement, cette échelle de prix trouvera une meilleure explication.

Si vous deviez faire passer un message aux dégustateurs rennais, quel serait-il ?
Il serait le suivant : « Toutes les propriétés sont prêtes à vous recevoir à Bordeaux pour des visites et dégustations. On vous souhaite la bienvenue ! »