À l’occasion de la sortie de son nouvel album “Est-ce que tu sais ?”, l’ancien chanteur de Louise Attaque, Gaëtan Roussel, a accepté de nous parler de son amour du vin, un produit élaboré par des artisans qui travaillent comme lui “à la main” leurs compositions.

Vous avez participé à la création de l’atelier “Cinq sens” qui met en relation la gastronomie, le vin et la musique, quelle cuvée recommanderiez-vous pour accompagner votre nouvel album ?
Il y a un vin que j’aime beaucoup et que j’ai découvert il n’y a pas si longtemps, c’est celui de Nicolas Carmarans, dans l’Aveyron, avec deux cuvées en particulier “Mauvais temps” et “Fer de sang”, dont les noms ressemblent d’ailleurs un peu à des titres de chansons… Il a une couleur rubis et en même temps un peu transparente, il est léger et doit à peine atteindre 12 degrés, et pourtant il a une présence, une amplitude. C’est aussi un peu l’idée de cet album que j’ai voulu assez large, avec de l’air à l’intérieur. C’est un vigneron qui n’a pas un très grand domaine (4 hectares). On reste à l’échelle humaine, et je pense que grâce à cela, à travers son vin, il y a beaucoup de sa personne, il a gardé un esprit artisanal. C’est un peu comme ça que j’ai composé ces chansons, c’est vraiment un album que j’ai fait à la main, avec comme simple outil, un morceau de bois, ma guitare acoustique qui a 76 ans !

Est-ce qu’il vous arrive de prendre un verre de vin pour vous aider à trouver un peu d’inspiration lorsque vous travaillez ?
Je trouve que le vin rouge est un bon partenaire de studio, il accompagne bien cette ambiance cosy et tamisée. En revanche, lorsque vous avez réalisé un beau concert et que vous avez l’impression d’avoir tout donné sur scène, une bière fraîche est la bienvenue.

Avez-vous déjà écrit des chansons à la terrasse d’un café ou dans un bar à vins ?
J’ai toujours trouvé que le rapport au temps quand on écrit une chanson n’est pas le même que lorsqu’on écrit une nouvelle, où il faut se mettre devant un ordinateur, s’isoler, accepter que le temps s’écoule sans trouver grand-chose. Lorsque j’ai écrit “Je me jette à ton cou” qui est construite autour d’une anaphore “Quand les larmes montent, quand le moral descend…”, à partir du moment où j’ai trouvé cette idée et la mélodie, même si je n’avais pas tous les vers, je pouvais continuer à l’écrire, cela pouvait tourner dans ma tête, c’était enclenché. À ce moment-là, je sais ce que je veux dire, je peux me retrouver à aller flâner, à m’asseoir sur la terrasse d’un café pour regarder les gens qui passent. Je trouve cela inspirant. Il y a un endroit où j’aime bien aller à Paris, c’est chez mon ami Yves Camdeborde (le Comptoir de la Terre) où on peut prendre quelques tapas debout avec un verre de vin. Il y a la cave de Belleville aussi, vous êtes au milieu des bouteilles, vous grignotez un petit saucisson, vous n’avez qu’à vous lever pour choisir le vin que vous avez envie de découvrir.

À quoi ressemble votre cave ?
Elle n’est pas si grande. Je m’amuse à dire que je n’ai pas des vins de garde, mais des vins de “sauvegarde”. Quand j’ai envie d’un vin, je suis plutôt du genre à aller chez le caviste voir s’il n’a pas une nouveauté à me proposer. Je n’amasse pas les grands crus chez moi, je suis davantage dans une démarche de découverte que de collection. Et lorsque nous trouvons avec mon épouse quelque chose qui nous plaît, nous allons en acheter quelques bouteilles pour rester dessus un petit peu, il va nous tenir compagnie un moment, jusqu’à la prochaine découverte… Même si nous notons tout et que nous aimerions un jour constituer une cave plus ambitieuse.

Comment vous est venue votre passion pour le vin ?
Progressivement. Quand j’étais enfant, j’habitais le Loiret, mon père m’emmenait souvent dans le Sancerrois acheter des bouteilles. J’aime beaucoup les blancs secs, frappés, j’adore aussi le Menetou-Salon, j’avais un camarade de Louise Attaque qui en prenait toujours. Mais je n’ai pas reçu une éducation à proprement parler autour du vin, sur les cépages etc. C’est venu par curiosité, avec des rencontres, je vous ai parlé d’Yves Camdeborde tout à l’heure, c’est par lui que j’ai fait la connaissance de certains vignerons comme Eric Pfifferling à Tavel, qui fait des rosés magnifiques sur le domaine l’Anglore…