Une vingtaine de propriétés de l’appellation médocaine se déplacent ensemble ce jeudi 26 avril à Bordeaux, dans le cadre de la Grande Poste (18-21h), pour rencontrer le public et lui faire découvrir ses vins. Et invite les amateurs à prolonger l’échange sur leur terroir de Listrac, grâce à l’oenotourisme. La preuve par trois.

« Nos portes et nos chais sont grands ouverts » aime à rappeler le président de l’appellation Listrac-Médoc, Patrice Pagès (château Fourcas Dupré). Chacun sa formule, mais tous une envie commune : celle de porter fièrement le nom de l’appellation Listrac et de faire découvrir les propriétés et leurs vins, que ce soit à travers des dégustations comme celle organisée avec « Terre de Vins  » ce jeudi 26 avril à la Grande Poste, ou grâce à l’oenotourisme. De la visite de propriété aux ateliers assemblage en passant par la location d’espaces réceptifs ou les chambres d’hôtes, zoom sur trois exemples de l’hospitalité façon Listrac. Trois propriétés à retrouver en dégustation le 26 avril… et plus si affinités!

Château Reverdi : l’oenotourisme expérientiel

Le frère et la soeur Mathieu et Audrey Thomas ont repris la direction conjointe de la propriété familiale en 2003. Dès leur arrivée, alors que l’oenotourisme n’en est encore qu’à ses balbutiements dans le vignoble bordelais, ils se lancent dans l’aventure. A côté des visites classiques, ils proposent des ateliers dégustation des trois cépages pour découvrir chaque cépage individuellement, ainsi que des ateliers assemblage pour créer son propre assemblage. Lauréate d’un « Best Of Wine Tourism » en 2011, la propriété accueille aujourd’hui 3000 à 3500 visiteurs par an, à 90% des anglophones. « Ma priorité c’est de faire moi-même l’accueil au château, je tiens à ce contact direct » explique Audrey Thomas. Dans cette lignée d’échange direct, la dégustation du jeudi 26 avril à Bordeaux est « une belle occasion de toucher un public plus local, plus citadin. »

En dégustation ce jeudi 26 avril, Château Reverdi 2015, « distingué par la rédaction de « Terre de Vins » à l’automnne 2017, et médaillé d’or au Concours Agricole de Bordeaux en mai 2017. L’une de nos originalités est de travailler le petit verdot en forte proportion, puisque l’assemblage intègre à parts égales chacun des trois cépages merlot, cabernet sauvignon et petit verdot. 2015 a été un millésime facile, on a eu des conditions exceptionnelles de bout en bout. » En remontant les années, à découvrir également, Château Reverdi 2011, avec « le même assemblage que le 2015, ce qui nous a permis de tirer notre épingle du jeu dans un millésime plus pluvieux. » Enfin, Château Reverdi 2003, « millésime coup de coeur » de la propriétaire, « celui où on a repris la propriété. A la dégustation, il se tient vraiment bien. »

Château Baudan : accueil à la carte

Cette propriété familiale depuis 1850 a connu une vraie renaissance grâce à la détermination d’Alain Blasquez, petit-fils du créateur du domaine. En 1993, il redonne vie au vignoble, qui d’un-demi hectare à l’époque, en compte aujourd’hui dix. Après la rénovation du vignoble et de l’outil de production, trois ans de travaux ont permis de créer les structures nécessaires pour se lancer pleinement dans l’oenotourisme. En plus de la traditionnelle visite-dégustation, depuis juillet 2014, Alain Blasquez, son épouse Sylvie et ses filles Charlotte et Sophie, proposent des espaces modulables à la carte : une boutique-salle de dégustation, deux salles de réception, une cuisine professionnelle, une salle de séminaire… « Notre idée est de recevoir nous-mêmes les visiteurs, et les clients adorent, ils apprécient d’être directement proches du producteur, constate Sophie Blasquez. Pour moi, cette démarche est complémentaire de la dégustation du 26 avril. Le but est de rencontrer des gens, discuter et les faire venir sur la propriété pour découvrir encore plus le produit. »

En dégustation ce jeudi 26 avril, les millésimes 2015, 2011 et 2001 de la propriété, liés par une trame commune. « On cherche à faire des vins doux, agréables à boire, structurés, avec une certaine finesse et de l’élégance » détaille Sophie Blasquez.

Château Cap Léon Veyrin : pionniers de l’accueil à la propriété

« Ma mère a ouvert des chambres d’hôtes à Cap Léon Veyrin au début des années 1980. C’était, je pense, les premières dans le Médoc », raconte Nathalie Meyre, qui exploite aujourd’hui la propriété avec son frère Julien. Le contact direct avec le public, que ce soit à Bordeaux ce jeudi 26 avril, ou sur le domaine, tient à coeur à la propriétaire. « L’accueil par le propriétaire ou un membre de la famille, sur une propriété familiale comme la nôtre, est important pour nous, que ce soit à travers nos chambres d’hôtes, grâce aux visites ou aux dégustations en français ou anglais. L’oenotourisme est un prolongement de la soirée du 26, le message est de dire aux visiteurs  »venez nous voir sur place ! » »

En dégustation ce jeudi 26 avril, « trois grands millésimes de la propriété distants de 5 ans chacun, pour montrer l’évolution de nos vins. » Château Cap Léon Veyrin 2015, « le dernier grand millésime en bouteille, un millésime de garde mais qui ne s’exprime pas encore totalement. A acheter aujourd’hui et conserver en cave. Autre grand millésime de la décennie, Château Cap Léon Veyrin 2010, un millésime classique à Bordeaux tel qu’on l’attend, qui commence à s’ouvrir un peu, avec ses tanins droits et parfaits, puissants mais pas agressifs, amenant une structure au vin. » Enfin, Château Cap Léon Veyrin 2005, dégusté par la propriétaire « pas plus tard que la semaine dernière et qui est en train d’exploser. C’est un vin qui s’ouvre et tient ses promesses. »