(photo CIVL)
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Le premier anniversaire est là ! En décembre 2018, le département de l’Hérault adoptait son schéma “Hérault irrigation”. Ce plan à grande échelle concerne l’accompagnement des viticulteurs et agriculteurs face aux changements climatiques annoncés.

En particulier, les prévisions de hausse des températures de l’ordre de 1 à 2,5° d’ici 2050 ainsi que les épisodes de sécheresse. Il s’agit, depuis les ressources en eau existantes, ou à aménager, d’irriguer 42 000 nouvelles hectares identifiés “à risques” dont 35 500 plantés en vigne.

Le conseil départemental de l’Hérault a associé une enveloppe financière de 350 M€ à ce schéma. “Il s’agit de la survie de l’économie locale, indiquait lors du lancement Kléber Mesquida, président du conseil. Il faut conserver la carte d’identité paysage viticole de notre territoire”. “Hérault irrigation” est pensé en deux grandes phases : de 2019 à 2023 pour les études et premières réalisations, et post 2023.

Sur le terrain, les premiers travaux ont été réalisés. 2600 nouveaux hectares, soit plus de 10% de la superficie de vignoble visé par le plan, sont désormais irrigués, essentiellement dans le Cœur d’Hérault. Ce sont surtout la poursuite du projet Aquadomitia et des raccordements à cet aqueduc reliant le Rhône au Biterrois qui le permettent. Le département de l’Hérault a financé 17% des travaux au côté de la Région Occitanie et de l’Europe pour un montant de 15 M€. Pour 2020, 7,5M€ viennent d’être votés par le conseil départemental pour irriguer 1200 nouveaux hectares, tandis que 2000 autres font l’objet d’arbitrage au niveau régional.

Relever le niveau du lac de Salagou

Pour le volet “études”, la gestion de la ressource dans les retenues d’eau existantes est au centre des débats. Relever le niveau du lac du Salagou de 25 centimètres grâce à une adduction hivernale depuis la rivière La Lergue permettrait de disposer d’1 million de m³ supplémentaire, tandis que plus à l’ouest, la canalisation de La Peyne à la sortie du barrage des Olivettes permettrait d’effacer 40% de déperdition d’eau.

Enfin neuf projets de retenue collinaire de pluie hivernale (irrigation possible de 5000 hectares) sont également évoqués pour atténuer les effets du changement climatique. “Nous ne ferons pas de pause, assure Yvon Pellet, élu délégué à la viticulture pour le département de l’Hérault. L’ensemble des mesures envisagées doit permettre d’annuler quatre années de sécheresse sur cinq.” Les collectivités locales, professionnels et techniciens du monde viticole se sont prononcés favorablement sur l’ensemble du projet. Ces derniers pointent également la nécessité de nouvelles méthodes culturales mais aussi celle d’une politique de ré-encépagement résistant aux fortes chaleurs.