Jean-Louis TRINTIGNANT, french Actor & Comedien
Jean-Louis TRINTIGNANT, french Actor & Comedien

Jean-Louis Trintignant, c’est l’homme au mille et une vies : acteur, réalisateur, pilote automobile et… vigneron ! Il nous a quittés hier à l’âge de 91 ans. Cette icône du cinéma français, encore à l’affiche de Happy End de Haneke en 2019, aura joué jusqu’au bout. Le monde du vin lui rend hommage.

Fils et petit-fils de vigneron, Jean-Louis Trintignant décédé hier, est né au château Beauchêne, à Piolenc, dans le Vaucluse où son père possédait quelques pieds à Sainte-Cécile-les Vignes. Il a cependant d’abord choisi une carrière d’acteur et ce pour le bonheur de plusieurs générations de cinéphiles. Après avoir entamé de vagues études de droit, celui qui se passionnait déjà pour la poésie de Prévert a découvert sa vocation en assistant à une représentation de l’Avare de Molière en 1949. Beau ténébreux un peu timide et souvent ironique, sa voix presque monotone ne tarde pas à envoûter le public, d’abord au théâtre puis au cinéma. La gloire vient avec le fameux film de Roger Vadim Et Dieu… créa la femme, qui le propulse au rang de star internationale aux côtés de Brigitte Bardot. Il tourne ensuite pour tous les plus grands réalisateurs : Claude Lelouch, Erik Rohmer, Costa Gravas, Chabrol, Jacques Audiard… Sa filmographie impressionne même s’il la commentait avec humilité : « j’ai joué dans 130 films, cela fait au moins 100 films de trop ». En réalité, son exigence était telle qu’on lui connaît peu de rôles médiocres.

Jean-Louis Trintignant était un surprenant touche-à-tout. Comme deux de ses oncles, il a été champion de course automobile. Le vin a également toujours coulé dans ses veines. L’acteur appréciait aussi bien les petites appellations que les grands Bordeaux. En 1996, il a voulu renouer avec la tradition familiale en s’associant à un couple d’amis vignerons coopérateurs, Claudie et Bertrand Cortellini, qui rêvaient de produire leur propre vin. Ensemble, ils ont créé le domaine Rouge Garance dans les Côtes du Rhône. Assis sur les deux communes de Castillon-du-Gard et de Saint-Hilaire-d’Ozilhan, cette belle propriété de 28 hectares entièrement certifiée bio est située non loin de la résidence de Jean-Louis Trintignant à Uzès. Les étiquettes portent pour emblème un oiseau spécialement créé par Enki Bilal que l’acteur connaissait bien. L’auteur de bandes dessinées a en effet été le réalisateur du film Bunker Palace Hôtel où Jean-Louis Trintignant tient le rôle de Holm, l’architecte du refuge qui accueille les hauts-dignitaires fuyant la rébellion. Quant au nom de Garance, il s’agit d’un autre clin d’œil au cinéma, il renvoie à celui du personnage joué par Arletty dans le film de Marcel Carné « Les enfants du paradis ».

Jean-Louis Trintignant s’intéressait de près aux assemblages et se faisait en toute occasion l’ambassadeur du domaine. On trouve sur le site de Rouge Garance une très belle vidéo où défilent les images des vendanges tandis que l’acteur récite le poème de Baudelaire « Enivrez-vous » tiré du recueil Le Spleen de Paris : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. (…) De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » Un plaisir auquel, comme le cinéma, Jean-Louis Trintignant n’a jamais renoncé : dans une interview donnée au Journal Le Monde en 2017, malgré ses 86 ans, il confiait consommer encore du vin tous les jours. Un moment convivial qu’il adorait partager avec ses amis membres de l’Association Les Toqués des Dentelles.

Notre équipe s’associe à la peine des membres de sa famille et leur présente ses plus sincères condoléances.

www.rougegarance.com