Joël Robuchon, le chef français le plus titré au monde, veut conquérir trois étoiles à Bordeaux. Il vient de s’associer avec Bernard Magrez pour l’ouverture d’un restaurant à l’horizon 2014.

Ce n’est pas pour tout de suite, mais, au plus tard au mois de juin 2014, Joël Robuchon aura un restaurant à Bordeaux. « Il a une grosse envie de retrouver trois étoiles », confie Bernard Magrez, qui a une relation privilégiée avec le chef poitevin… au point qu’il l’installera dans la maison d’habitation qu’il a acquise pour la transformer, rue Labottière, à Bordeaux, devant l’Institut culturel qui porte son nom. Le propriétaire du Château Pape Clément se réjouit de l’arrivée du chef le plus titré au monde « qui fera du bien à Bordeaux ».

Un déficit de grandes tables

« La Grande Maison » sera le nom du restaurant qui sera accompagné, annonce Bernard Magrez, de cinq chambres haut de gamme et d’une suite avec vue sur jardin. Deux salles à manger de 25 couverts chacune serviront de lieu d’expression à Joël Robuchon, qui, s’il veut conquérir trois étoiles, devra s’impliquer fortement aux côtés de l’équipe et du chef qu’il mettra en place. Le pari est jouable, et, si tel était le cas, la capitale d’Aquitaine aurait enfin la table que les gourmets appellent de leurs vœux. Avec cinq tables une étoile, Bordeaux, en effet, est un peu à la traîne, et les visiteurs étrangers – Vinexpo en a fourni la démonstration – ont du mal à comprendre que la cité du vin ne soit pas mieux lotie.

Il faut remonter au Chapon fin, créé en 1825, pour évoquer des jours meilleurs avec le chef Joseph Sicart, qui détint trois étoiles de 1933 à 1939, puis deux étoiles jusqu’à 1957. Jean-Marie Amat avait décroché deux étoiles, cours de l’Intendance, avant de partir à Bouliac, aux portes de Bordeaux, pour y créer le Saint-James. Cette nouvelle est de nature à créer une émulation dans une ville qui a un déficit de grandes tables. Après la sortie du Guide Michelin, au mois de mars dernier, Yan Vacher, le manager général du Grand Hôtel de Bordeaux, expliquait que le restaurant gastronomique du prestigieux hôtel de la place de la Comédie (cinq étoiles) ne pourrait pas se contenter d’une seule étoile. À suivre donc.

Jacques Ballarin (source)