(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

Chanson n’est peut-être pas le plus médiatique des grands acteurs de Bourgogne. Pourtant, le niveau qualitatif de ses vins est impressionnant, notamment ceux issus des vignes en propriété.

Au regard de son activité principale, Chanson peut être considéré comme un négociant. Mais un négociant très attentif et impliqué qui n’hésite pas à aller envoyer ses propres équipes vendanger… Lorsque l’on fait partie du groupe Bollinger (la maison a été rachetée en 1999), l’exigence est une vertu cardinale. Celle-ci trouve d’ailleurs son expression la plus évidente dans les différentes cuvées issues des vignes dont Chanson est propriétaire, à savoir 43 hectares. La plupart des premiers crus et grands crus de la gamme proviennent de ces parcelles détenues en propre. Et pour les bichonner, un homme de talent, figure bien connue de Vosne-Romanée : Jean-Pierre Confuron. Le domaine familial qu’il dirige avec son frère en Côtes-de-Nuits est devenu une référence absolue. Autant dire que le soin qu’il apporte à la maison Chanson depuis son arrivée en 1999 est extrême. Vinificateur depuis 2001, c’est sous son impulsion que la spécificité maison des vinifications en vendanges entières vont se renforcer. Bon an mal an, ce sont entre 70% (comme en 2017) et 100% (comme en 2015 et 2016) de la récolte qui est ainsi encuvée. Tout cela rendu possible par la création d’un nouveau cuvier en 2010 permettant de disposer des volumes supplémentaires nécessaires. Cette cuverie vise en outre à un plus grand respect de la matière première avec notamment une approche gravitaire permettant d’éviter des pompages intempestifs des jus.

Pureté et précision

Difficile de trouver quelque chose à jeter à la dégustation tant le niveau est homogène. Les 2016 sont à la hauteur des espérances que ce millésime avait suscité. Le Pernand-Vergelesses « les vergelesses » (49€) est par exemple doté d’une bouche d’une grande souplesse au fruité particulièrement éclatant sur la finale. Il s’avère très précis en bouche, tout comme le Savigny-les-Beaune « la Dominode » premier cru (51,30€). Plus expressif au nez que son comparse, exhalant des notes de fruits rouges intenses, sa matière épaisse et charnue impressionne en bouche par sa grande fluidité. Un vin sphérique, légèrement épicé et doté d’une belle allonge. Le Beaune « Clos des Marconnets » premier cru (52€) se distingue dans un style plus aérien, d’une souplesse de tannins désarmante mais avec beaucoup de présence. Les blancs ne sont pas en reste. Le Beaune « Clos des mouches » premier cru (112€) est d’un véritable charme au nez et profond. Sa rondeur immédiate est emportée en fin de bouche par un tourbillon plus vif qui le rend très droit. Mais il doit toutefois s’incliner devant le Puligny-Montrachet « les Folatières » premier cru (125€). Fleurs blanches, miel, pointe exotique au nez sont fidèles à la typicité du terroir, tout comme l’attaque très délicate à l’intensité crescendo qui transporte littéralement de longues minutes. Et toujours une acidité bien ciselée qui structure l’ensemble. En somme, des vins de personnalité née dans une maison de caractère.