Ci-dessus : Laurent Cogombles et Jean-Jacques Bonnie.
Ci-dessus : Laurent Cogombles et Jean-Jacques Bonnie.

Laurent Cogombles, co-propriétaire de Château Bouscaut, a été élu Président de l’Union des Crus Classés de Graves pour trois ans. Il succède à Jean-Jacques Bonnie, co-propriétaire de Château Malartic-Lagravière, qui passe le flambeau après deux mandats. Entretien.

Président de l’appellation Pessac-Léognan pendant 12 ans, Laurent Cogombles, co-propriétaire de Château Bouscaut avec son épouse Sophie Lurton, prend la présidence d’une association qui regroupe 14 Crus Classés de Graves rouges et blancs : Haut-Brion, Bouscaut, Carbonnieux, Chevalier, Couhins, Couhins-Lurton, Fieuzal, Haut-Bailly, La Mission Haut-Brion, Latour-Martillac, Malartic-Lagravière, Olivier, Pape Clément, Smith Haut Lafitte.

Qu’est-ce qui a motivé votre candidature et quel est votre état d’esprit au moment d’entamer votre mandat ?
J’arrive avant tout dans un état d’esprit de service pour ce beau groupe de propriétés. Nous sommes une association qui représente l’élite de la viticulture des Graves et de Pessac-Léognan, une appellation que je connais bien. J’ai eu besoin de souffler un petit peu et je reprends du service à la présidence de ce collectif, avec la volonté de faire savoir, de faire connaître la qualité de nos vins, des femmes et des hommes qui les font. Cela fait vingt-cinq ans que je suis à Bouscaut, le vin c’est ma vie, ma passion, c’est donc naturel que je donne de mon temps et de mon énergie pour lui offrir du rayonnement, surtout dans la période compliquée que nous traversons.

Quel est le cap que vous voulez donner à votre présidence et les grands chantiers que vous entendez amorcer ?
J’ai été nommé il y a à peine une semaine, donc la feuille de route n’est pas totalement établie, d’autant que nous souffrons actuellement d’un cruel manque de visibilité à court terme. C’est l’occasion d’affiner ce que nous pouvons mettre en place sur le front du numérique, ce qui a déjà été amorcé par Jean-Jacques Bonnie. Nous devons rester déterminés à travailler sur ce curseur. À moyen terme, nous espérons relancer nos opérations de promotion, qualitatives et représentatives de l’excellence que nous souhaitons incarner, y compris dans la relation avec la haute gastronomie comme dans le cadre des Accabailles.

L’échéance qui approche et la présentation des Primeurs 2020 à Bordeaux, une nouvelle fois dans un contexte difficilement lisible. Comment appréhendez-vous cette campagne ?

L’Union des Crus Classés de Graves est toujours bien organisée pour faire découvrir ses vins aux prescripteurs, dont Terre de Vins fait d’ailleurs partie. Après l’expérience de l’année dernière, nous sommes en capacité d’envoyer des échantillons aux professionnels à travers le monde pour palier aux restrictions sanitaires. Nous avons un excellent niveau d’ensemble qui nous tire tous vers le haut, et le fait de jouer collectif nous permet d’être plus forts ; cela étant dit, chaque propriété membre de l’association travaille sa « marque » et sa stratégie de façon individuelle – chaque cru étant une histoire particulière. Le contexte économique et sanitaire mondial nous oblige, surtout dans notre région, à travailler notre notoriété de façon très personnalisée pour conquérir les marchés et activer les ventes en primeurs. Mon rôle de président est de maintenir la cohésion et orchestrer des opérations en commun. Le millésime 2020 que nous allons présenter est moindre en volume mais d’une très belle qualité, et il faudra le faire rayonner en jouant sur les qualités de chacun sur les différents marchés. Il y a encore, à titre collectif, des efforts à faire sur le grand export, a fortiori dans la mesure où la restauration est dans une situation très difficile en France et où l’Europe est encore enferrée dans la crise sanitaire. Quelques signaux sont cependant encourageants, comme la suspension des taxes aux Etats-Unis ou le semblant de reprise au Royaume-Uni. Difficile donc de tirer des généralités. Les mois à venir nous permettront d’y voir plus clair.