Près de 500 personnes ont redécouvert ou découvert les vins de Bergerac et Duras et les produits d’excellence du Périgord, réunis hier soir à Paris pour défendre la « Périgord attitude »

« Nous sommes heureux d’être à Paris, mais la réalité est aussi que notre métier est difficile. Il faut déguster nos produits, mais aussi venir nous voir sur le terrain». Eric Chadourne, président de l’Interprofession des vins de Bergerac et Duras et Président de la Fédération des vins de Bergerac et Duras, a bien résumé la situation. Il sortait tout juste d’une longue réunion chez France Agrimer, qui l’a rappelé aux réalités de la conjoncture. S’il est agréable de déguster des vins et des produits du Périgord sur une péniche amarrée quai de la Rapée sur la Seine, cette réalité est aussi celle du terroir, que l’on pouvait commencer à apprivoiser hier soir pour mieux le comprendre et, n’hésitons pas, le visiter sans tarder.

« Cette réalité est aussi celle des prix, complète Pierre Henri Cougnaud, Directeur général de l’interprofession et de la Fédération. Notre positionnement encore fortement en grande distribution fait que nous manquons de confort ». Ajoutez à cela les aléas climatiques, comme le gel et la grêle qui ont fortement frappé ce territoire, les vignerons se trouvent aujourd’hui en période de doute. Et force est de constater que « cela fait du bien de retrouver les consommateurs », avoue Stéphanie Cusson, qui élève 17600 volailles en label rouge IGP Périgord. Comme pour son voisin qui propose de déguster l’agneau du Périgord, c’est la ruée vers l’art. l’art de vivre, l’art des circuits courts, l’art de la simplicité, l’art de recevoir.

C’est d’abord ça, en effet, la force du Périgord. « C’est la diversité !», s’émerveille Pierre Henri Cougnaud qui défend les 10 appellations de son interprofession Rouge, blanc, moelleux, liquoreux… Sur un petit périmètre, 400 producteurs et caves coopératives et 50 négociants apportent de la différence et de la complémentarité dans un département qui sait aussi donner envie. Car si Paris a adopté hier soir la « Périgord attitude », le territoire de la Dordogne sait user de ses charmes pour convaincre investisseurs et néo vignerons de s’installer. Ce n’est pas Mathilde Vanquaethem , chargée de mission pour le développement économique de la filière, qui dira le contraire : « un grand nombre d’investisseurs de Dordogne, de Bordeaux ou d’ailleurs recherchent une propriété à acquérir. Nous sommes  là pour les accompagner ». Le Covid a accentué cette envie de Dordogne ! Le ticket moyen ? « Comptez environ 800 000 pour une jolie propriété viticole avec une dizaine d’hectares ». Julien Pouplet confirme ce désir de Périgord. Son employeur, ancien propriétaire viticole à Saint-Emilion, a craqué pour le Domaine de l’Ecrivain à Bonneville-et-Saint-Avit. Il produit sur deux hectares un joli nectar assemblé de merlot et cabernet sauvignon, en IGP Vins du Périgord qu’il valorise plus de 40€ la bouteille. D’autres n’atteignent pas ces sommets mais défendent aussi une viticulture familiale et sincère. Clos le Joncal, Domaine de Moulin Pouzy, château La Mouthe… Toutes les familles de la Dordogne étaient réunies hier à Paris. Une famille déterminée, après la grêle, le gel ou la grippe aviaire pour les quelque 300 producteurs de foie gras représentés par Alexandre Léon, qui ont encore eu un succès fou. Une famille décidée à conjurer le mauvais sort. Une vraie soirée de relance, porteuse d’espoir.

Cette soirée était organisée avec la participation des Vins de Bergerac et Duras, de la Région Nouvelle Aquitaine et l’Europe, le département Dordogne Périgord et les produits d’excellence du Périgord (l’agneau du Périgord, les marrons label rouge, la noix du Périgord, le poulet du Périgord, la fraise du Périgord, le canard et l’oie du Périgord).

Photos: Adrien Viller