L’INAO, qui gère les appellations agricoles françaises, a été autorisé “à conclure une transaction” avec l’entrepreneur belge Roger Geens, condamné au civil pour avoir vendu des millions de litres de vin frelaté, l’une des plus grandes fraudes de l’histoire des vins de Bordeaux, a-t-on appris jeudi auprès de cet institut.

M. Geens, fondateur du groupe du même nom qui, à son apogée, employait 600 salariés, avait été jugé à Bordeaux pour avoir produit et commercialisé au Benelux et en Europe du Nord des dizaines de milliers d’hectolitres de vin coupé ou frelaté.

Ce vin était écoulé via une nébuleuse de sociétés, propriétaires de 1.000 hectares de vignes répartis sur 19 domaines, dont 14 autour de la ville de Bordeaux.

Lourdement handicapé en raison d’un accident vasculaire cérébral en 2006, M. Geens, 79 ans, avait été condamné en juin 2016 à verser un demi-million d’euros de dommages et intérêts à diverses organisations, dont 150.000 euros à l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO). Il avait en revanche été relaxé sur le plan pénal.

Ses avocats avaient fait appel et proposé une transaction à l’Inao.

Un décret du 30 novembre, signé par le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture, autorise l’organisme public à conclure une telle transaction “en vue de mettre fin au litige qui l’oppose à M. Geens” depuis quinze ans.