L’avancée vers le bio s’est faite progressivement sur la propriété au cours d’une décennie. Les blancs ont permis d’ouvrir la voie et c’est aujourd’hui tout le domaine qui est labellisé.

Comme souvent à Fourcas-Hosten, ce sont les parcelles de blanc qui servent de laboratoire pour tester à petite échelle ce qui pourra ensuite être éventuellement étendu à tout le reste du domaine. C’est ainsi que dès la plantation des premiers sauvignons blancs et gris sur la propriété en 2012, il a été décidé de les conduire selon les règles de l’agriculture biologique et d’appliquer la même philosophie jusqu’au chai. A partir de là, et compte tenu des résultats positifs qui ont pu être observés, les étapes se sont succédé pour étendre progressivement cette philosophie à l’ensemble du château. Dès 2013, tous les produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) avaient été bannis. La même année, les premiers essais bio sur des parcelles de rouge sont entrepris sur 4 premiers hectares de merlot. L’année suivante, ce sont toutes les nouvelles plantations en rouge qui seront travaillées de cette manière. Ce mouvement s’est accompagné d’une fertilisation des sols désormais exclusivement organique avec du fumier de brebis et de vache. A partir de 2017, la généralisation du travail sous les rangs, initié dès 2010, est effective. Plus aucun désherbant n’est alors utilisé. Dans une approche plus globale, et afin notamment de favoriser l’essor de la biodiversité, 1200 mètres de haies vont être plantés en complément de nombreux arbres. Naturellement en 2018, c’est l’ensemble du vignoble qui va passer en agriculture biologique.

Des primeurs 2021 labelisés bio

Si les blancs arboraient fièrement leur label bio depuis le millésime 2020, les 2021 qui vont très prochainement être présentés en primeurs, auront le même privilège. Gouté en avant-première, ce dernier s’avérait déjà particulièrement harmonieux, avec une très belle trame tannique fondue, un fruité un peu en retrait mais un milieu de bouche suave et plein. De manière générale, lorsque l’on goûte les derniers millésimes notamment en rouge, on ne peut que constater une très belle constance qualitative. Le 2016 (22€) a sans doute marqué un tournant ici. On le découvre aujourd’hui complexe au nez, profond et doté d’une matière tout à la fois charnue et contenue. Evidemment, il ne s’agit pas d’un monstre de puissance mais il est éclatant d’équilibre. Si le 2017 (20€) joue davantage la carte d’un fruité plaisamment acidulé, le 2018 (23€) en revanche s’inscrit bien dans la lignée du 2016 avec là encore, une bouche délicate, veloutée, dotée de tannins précis et longs. Le 2019 (21€) dispose pour sa part d’une matière présente tout en demeurant aérienne. Pour ce millésime, une partie de l’assemblage provenait d’un élevage en cuve ce qui a permis de conserver admirablement une vraie fraicheur fruitée. A noter que depuis 2019, toutes les jeunes vignes entrent systématiquement dans la production du grand vin. Preuve du travail précis d’analyse des sols permettant désormais d’obtenir une adéquation bien plus grande entre cépages et parcelles. C’est ainsi également que seront plantés cette année pour la première fois des cabernets francs sur les parcelles calcaires. Fourcas-Hosten progresse ainsi sans faire de bruit, teste, expérimente. Il en va de même pour la biodynamie qui a été elle aussi généralisée à toute la propriété depuis 2020, année de l’arrivée d’Eloi Jacob à la Direction Générale. Cela n’est pas une coïncidence car ce dernier avait pu expérimenter la biodynamie notamment au château Fonplégade qu’il dirigeait les années précédentes. Définitivement, Fourcas-Hosten est une propriété qui donne le la sur l’appellation Listrac-Médoc dont la notoriété demeure, à tort, un peu en retrait.