La cave coopérative héraultaise, située au bord de l’étang de Thau, vient de fusionner avec une cave située près d’Agde et la coop gardoise de Saint-Hippolyte-du-Fort. Elle rassemble désormais 435 coopérateurs.

De la Méditerranée jusqu’au Piémont cévenol… telle est désormais l’emprise des terres exploitées par les coopérateurs de l’Ormarine. Fin décembre, la cave coopérative de Pinet (Hérault) a fusionné avec deux autres coop’. L’une est située à Vias, une commune littorale située non loin de la Cave de l’Ormarine, l’autre se trouve dans les terres, à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard).

“Le rapprochement avec Vias était réfléchi depuis longtemps. En revanche, pour la cave de Saint-Hyppolite-du-Fort, c’est un coopérateur commun qui nous a présentés. A cause du gel et de la sécheresse successive qui ont frappé en 2017, la coopérative gardoise était en difficulté… Nous nous sommes donc rapprochés”, explique Cyril Payon, directeur de l’ensemble coopératif rassemblant 435 vignerons. Avec cette fusion la capacité en volume des caves de L’Ormarine s’élève à environ 160.000 hl. Las, « cette année nous sommes sur 98.500 hl en raison des conditions climatiques », confesse Cyril Payon.

Complémentaires et marqués, les terroirs représentés permettent désormais à la cave de rayonner sur une surface d’environ 2.500 hectares. Les coopérateurs de Saint-Hippolyte fourniront l’essentiel de l’apport en bio qui représente toutefois moins de 10% de la surface de vignes. “Nous ne faisons pas du bio un totem. Nous n’en faisons pas non plus par opportunisme”, assure Cyril Payon. “Nous préférons accompagner les coopérateurs qui souhaitent se convertir dans une démarche progressive. C’est pourquoi, dès 2018, 800 hectares seront labellisés Terra Vitis. Forts de ce label, les vignerons verront s’il est souhaitable pour eux de conserver ce label ou de passer en bio”, complète-t-il. Une prudence qui ne signifie pas un rejet du développement durable ! L’an dernier, la cave de l’Ormarine a commercialisé un AOC Picpoul de Pinet sans sulfites ajoutés baptisée Esprit Libre. En outre, depuis 6 ans, la coopérative privilégie la confusion sexuelle en matière de lutte biologique contre le ver de la grappe.

Si le regroupement des coopératives conditionnent pour certaines leur salut, la fusion permet de développer des projets. Présente sur les AOC Picpoul de Pinet, Grès de Montpellier, Muscat de Mireval, et Côteaux du Languedoc, ainsi que de nombreuses IGP, le nouvel ensemble coopératif commercialise une trentaine de cuvées différentes qu’elle souhaite mettre en valeur dans un caveau de vente rénové à Vias. “Il y a là-bas en été de nombreux touristes auxquels nous devons mieux faire découvrir nos vins. Nous disposons d’un grand parking. Pour faire de ce lieu de vente un véritable pôle d’attraction, nous devons réfléchir avec les coopérateurs, les commerçants locaux et les collectivités, à la meilleure manière de mettre en valeur nos productions”, détaille Cyril Payon. Le projet devrait être mûr cet été pour permettre une mise en travaux dès janvier 2019 et une ouverture pour la saison estivale.