(photos P. Gonnet)
(photos P. Gonnet)

Présent à la première édition de Lyon Tasting, qui se déroulera au Palais de la Bourse de Lyon let 14 et 15 octobre prochains, le Château du Moulin-à-Vent est un domaine emblématique du Beaujolais. Et, aussi, une belle histoire de femmes.

Les 30 hectares de vignes du château, uniquement sur l’aire d’appellation Moulin-à-Vent, ont vu passer des siècles d’histoires. Le château est principalement une histoire de femmes, ce qui complexifie les recherches concernant son histoire puisqu’il faut d’actes notariés en actes notariés pour retracer sa propriété.
La plus ancienne date retrouvée prouvant l’existence du domaine remonte à 1732, mais c’est au début du 18è siècle que commence la grande époque du château.
La famille Pommier devient propriétaire des lieux, et ce seront les femmes de la famille qui en prendront les rênes : Philiberte d’abord, avec sa fille Marie-Henriette, qui, après une aventure avec Alphonse de Lamartine, grand explorateur de toutes les richesses offertes par le Beaujolais, donna naissance à une fille, future Comtesse de Ti de Milly, qui soumettra les vins du domaine à l’exposition universelle de Londres en 1862 avec sa grand’mère Philiberte.
Elles remportent alors la médaille d’or des vins du Macônnais sur les millésimes 1854, 1855 et 1856, ce qui prouve, ou rappelle, que les vins de Moulin-à-Vent sont aptes à la garde, les vins présentés à Londres ayant entre six et huit ans (et l’on passe sur les conditions de stockage et de transport, qui ne devaient pas être exceptionnelles).
En 1911, la comtesse vend la propriété, qui deviendra celle de Julien Damoy, homme d’affaire parisien épris de vin (déjà propriétaire d’un domaine en Champagne et de la Tour de By dans le bordelais), qui ne manquera pas d’importer les nouvelles normes de production industrielle à la viticulture. Verticalisation de la production et commercialisation à Paris sous l’égide des Vins de Bourgogne : à l’époque, le Moulin-à-Vent se vendait au même prix que le Gevrey-Chambertin.

L’expression du terroir par des vins fins et élégants

Depuis 2009, Jean-Jacques Parinet et son fils Edouard sont les nouveaux gestionnaires et propriétaires du château.
En 2013, ils recrutent Brice Laffond qui sera leur maître de chai et de culture, après avoir été stagiaire chez Faivelet et Mouton-Rothschild, et tous trois s’accordent sur le profil qu’ils souhaitent donner aux vins du Château : exprimer le terroir dans des vins les plus fins possible. Ils ne recherchent pas la concentration, mais la garde, expliquant parfois le besoin d’attendre deux ou trois ans avant de pouvoir les déguster pleinement. Cette recherche est d’autant plus un engagement que l’effet millésime est important sur les monocépages, et les années se suivent sans pour autant se ressembler : entre 2013 qui offrit des vins puissants mais plus austères, 2014 qui fut une production « classique » au sens où l’on retrouve les caractéristiques du gamay en beaujolais (finesse et fruité), 2015 qui fut solaire, 2016 qui fut compliquée à gérer mais qui produisit des vins particulièrement équilibré, et 2017 qui s’annonce un très bon millésime qualitativement mais beaucoup moins quantitativement, la palette est large.

La vinification ne suit donc pas de règles particulières et s’adapte au millésime. Les parcelles les plus qualitatives, sont souvent vinifiées en grappe entière, avec des cuvaisons d’environ trois semaines. Pas de macération carbonique, et des extractions lentes et longues, suivie d’un élevage aux deux tiers en cuve et un tiers en fût, à part pour la cuvée du Couvent des Thorins, à 90% en cuve, et La Rochelle, 100% en fût sur certaines années comme 2014 (mais pas 2015 !).

L’ensemble de la production se distingue sur deux parcellaires appartenant à la gamme des « grands vins du château » : le Champ de Cour, empreint de structure et de minéralité, et la Croix des Vérillats, tout en charme et rondeur, avec des tanins soyeux et une belle matière.

Les Hauts de la Rochelle engendrent des vins séveux, complexes et profonds.

Le Couvent des Thorins, à déguster lors de Lyon Tasting les 14 et 15 octobre prochains, offre un joli nez de fruits rouges sur 2016 accompagné de notes fleuries, porté par une belle fraîcheur et de la pureté. Les tanins sont présents et agréables, la finale minérale ouvre la voie sur une jolie longueur. La structure est élégante et fine.

La cuvée du Château en 2015, également présente à Lyon Tasting, présentent des notes fleuries et fruitées dans une version évidemment plus concentrée que 2016, l’attaque est douce et fraîche et la finale plus épicée que sur le Couvent des Thorins. Des fruits jaunes apparaissent, et malgré le millésime, on trouve de la fraîcheur et de la finesse.

La Rochelle en 2014 se montre plus vif que les précédents, avec une finale très fruitée, et un bel équilibre entre les tanins et l’acidité signe ce vin fin et élégant, au nez très minéral.

Un rayonnement international et local

Pas seulement orientés sur la production de vins de qualité, Jean-Jacques et Edouard se sont engagés dans une démarche de valorisation du terroir, en fédérant les opérateurs de l’appellation autour de plusieurs projets, notamment lors de Jazz in Moulin-à-Vent, organisé au château au printemps, permettant de déguster les vins de plusieurs domaines de l’appellation, tout en profitant de concerts de jazz dans le parc du château.

Présent notamment sur les tables de Savoy, Sulpice, Darroze et la Tour d’Argent, et présent aux USA, en Australie, au Canada, le château est impatient de séduire les lyonnais et de tisser des liens profonds avec la capitale de la gastronomie, et attend avec impatience la rencontre avec Lyon les 14 et 15 octobre prochain.

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