(photos M. Boudot)
(photos M. Boudot)

Les visiteurs de Lyon Tasting peuvent découvrir des cépages méconnus et des vins originaux mis en lumière par Rolet en Jura et la famille Ravier en Savoie.

Depuis le rachat de Rolet par la famille Devillard au printemps 2018, on ne manque pas de projets en terres jurassiennes. A commencer par la cartographie des parcelles sur 63 ha “pour avoir la carte d’identité des terroirs et mieux connaître le vignoble et les cépages” sous la houlette des chefs de culture jurassienne et bourguignon, Louis Morel et Enrico Peyron. Pas de grande restructuration en vue, juste une parcelle dans le cirque de Montigny-les-Arsures qui a du être arrachée, replantée et drainée.
La famille Devillard a également investi dans une nouvelle cuverie auparavant sous-dimensionnée et dans un laboratoire d’analyses en interne pour gagner du temps sur le suivi des maturités. “Cette année, ce sera notre vrai premier millésime mais avec 25% de récolte en moins à cause du gel. Sur les blancs et crémants, il n’y a rien à redire, il nous faut en revanche faire encore quelques progrès qualitatifs sur les rouges avec moins d’extraction et plus d’équilibre qu’avant”.

Un nouvel œnologue jurassien a été embauché à partir du millésime 2019, Josselin Broncart, l’ancien patron du laboratoire d’analyses du Jura. “Une belle recrue qui connaît par chœur les terroirs car en ne maîtrisant pas le vignoble ni les vins oxydatifs, nous ne voulions pas d’un bourguignon pour suivre ce domaine de belle notoriété mais qui avait tendance à s’endormir”, commente Aurore Devillard qui a également recruté des commerciaux sous la responsabilité de Cédric Ducoté, le nouveau directeur général, ancien responsable export des domaines Devillard. Le site internet a été revu ainsi que les habillages pour les 2018 qui sortiront à la fin de l’année, “sans révolution mais plus en élégance”.

Un amoureux de la jacquère

Sylvain Ravier est passionné de jacquère, un cépage typiquement savoyard qui représente la majorité de ses 12 hectares en Abymes. “C’est un cépage facile à travailler, flexible, qui offre beaucoup de nouvelles possibilités, léger en alcool et souvent un peu perlant, ce qui dynamise le vin”. Mais longtemps boudé car pénalisé par une image de vin de comptoir ou à raclette. Sylvain, en association avec son père Philippe, bénéficie également sur ses 40 hectares, entre le sud de Chambéry et les stations de ski, d’une kyrielle d’appellations et de cépages sur des terroirs très différents : Apremont, Chignin Bergeron, Chignin Mondeuse, Roussette de Savoie… à 80% blancs (Sylvain a d’ailleurs fait ses armes chez Georges Vernay en Condrieu et Vincent Dauvissat a Chablis).

Ses vignes, en HVE depuis 2019, travaillées sans désherbant, s’étirent sur trois départements (73, 74 et 38) dans la combe de Savoie de 45 km de long; elles devraient bientôt être étendues en micro-négoce. La famille Ravier vient de sortir une collection de cinq vins, quatre blancs et un rouge en levures indigènes, chacun représentant 2 à 5000 bouteilles « pour faire des vins comme on les aime, en crus ou sélections parcellaires ». Le domaine vient par ailleurs d’intégrer l’association de producteurs Vignobles & Signatures.

Terre de Vins à aimé :

Chez Rollet, Arbois Naturé du Jura, un 100% savagnin ouillé, fumé, fruité et salin (15€), un Arbois rouge issu de poulsard vieilles vignes de 50 ans, sur un bel acidulé de petits fruits rouges (13€) et un vin jaune Arbois 2009 sur la noix fraîche, citronné et aérien (39€) – stand C12

Dans la nouvelle gamme Ravier, Terroir des Abymes Electrik pour découvrir la fraîcheur de la jacquère (6,30€), l’Apremont Clos Saint André pour le potentiel de garde et la trame minérale (7€), la Roussette de Savoie Batembeurre pour l’histoire de la cuvée et la rondeur beurrée (8,50€), le Chignin Bergeron Les 2 Tilleuls pour l’aromatique explosif et le Chignin Mondeuse La Belle Violette pour sa texture soyeuse (8,50€) – stand G9