Tony Lécuroux intervient en ce moment sur les vignes des Alexandrins situées en appellation Saint-Joseph. (D.R.)
Tony Lécuroux intervient en ce moment sur les vignes des Alexandrins situées en appellation Saint-Joseph. (D.R.)

Tony Lécuroux a décroché la certification 2020 de l’Association de la Sommellerie Internationale devant 51 autres candidats représentant une quinzaine de pays. Alors que la restauration est au point mort, lui a rejoint le domaine Les Alexandrins, à Tain-l’Hermitage.

Sous un soleil estival on s’active dans les vignes sur les deux rives du Rhône. Et c’est dans cette ambiance que Tony Lécuroux a appris mardi une nouvelle aussi excellente que surprenante. Il est le Major de promotion de la promotion 2020 de la certification lancée en 2012 par l’Association de la Sommellerie Internationale. Un examen organisé, le 2 mars dernier, dans quatorze pays, réunissant 74 candidats et conclu par l’annonce des résultats qui récompensent 52 lauréats à des niveaux allant du bronze (2) à l’argent (25), l’or (23) à l’or excellence (2). Dans cette dernière catégorie, Tony Lécuroux est en bonne compagnie puisque l’autre médaillé est l’Argentin Martin Bruno qui était demi-finaliste du dernier concours mondial.

Mais le premier de cette promotion 2020 est bien un Français de 24 ans, originaire de la Drôme. Le 2 mars, il était encore en poste dans le nord de l’Angleterre, dans un deux étoiles Michelin. Faute de centre d’examen mis en place au Royaume-Uni, le plus simple fut pour lui de se rendre, d’un coup d’avion, à Amsterdam où deux autres candidats étaient inscrits. “Major, c’est une surprise ! A l’issue des épreuves j’étais plutôt optimiste mais de là à imaginer ça… Du questionnaire, toujours très pointu, je pensais avoir approché 60% de bonnes réponses. Après la dégustation à l’aveugle j’étais satisfait. J’avais trouvé le riesling allemand et classé en Saint-Emilion un Côtes de Bourg…”

Il faut dire que l’ancien élève sommelier de Tain-l’Hermitage est, depuis quelques années, tourné vers les examens puisque cette certification ASI s’ajoute à son niveau 3 du WSET et à celui Advance du Master sommelier.

Emploi perdu en Angleterre et vendanges à Latour

Il s’est également essayé aux concours organisés en Angleterre, pays qu’il a rejoint il y a trois ans. “Au cours d’un stage au Louis XV à Monaco, j’avais compris l’importance de parler anglais et j’ai fait le choix de partir pour travailler dans divers établissements étoilés, et notamment le Moor Hall, pas très loin de Manchester, où j’étais assistant chef sommelier depuis août 2018. Lorsque le confinement a été annoncé, j’ai choisi de revenir dans ma famille dans la Drôme. Mais au bout de quinze jours à attendre que le temps passe, j’ai cherché une place dans un domaine viticole. C’était un projet que j’avais depuis longtemps et il a pu se concrétiser.”

Le 1er avril, Tony Lécuroux a rejoint Les Alexandrins, à Tain-l’Hermitage, un domaine propriété de la famille Perrin. Et c’est là qu’il a d’abord appris la fin de son contrat avec le restaurant qui l’employait, faisant de lui, comme de beaucoup d’autres à travers le monde, une victime indirecte du Covid-19.

“Ma compagne qui avait un poste au Fat Duck connaît la même situation. Elle a retrouvé sa famille en Savoie et intégré elle aussi un domaine. Pour nous, il est difficile d’avoir des projets précis en restauration car on ne sait pas à quelle date espérer un retour à la normale. Mais que ce soit en France ou ailleurs, j’ai envie de continuer dans des établissements gastronomiques. Toutefois pour l’instant je suis bien ici à toucher à différents aspects du métier de la vigne sur les appellations Saint-Joseph et Crozes-Hermitage. Puis, pour les vendanges, je devrais intégrer Château Latour, tant qu’à ramasser du raisin, autant que ce soit encore du bon !”

Et ensuite, si rien ne se précise pour lui en sommellerie, Tony Lécuroux voudrait bien aborder d’autres manières de travailler, en Allemagne ou en Autriche…