Dans la famille Lurton, je voudrais… Marie-Laure. A la tête de trois domaines dans le Médoc, cette “vraie Margalaise” donne un nouveau souffle à son trio de seconds vins, en jouant la carte du plaisir… et du style.

C’est en 1992 que Marie-Laure Lurton a hérité de son père, Lucien Lurton, trois domaines médocains : Château Villegeorge (Haut-Médoc), Château La Tour de Bessan (Margaux) et Château Duplessis (Moulis-en-Médoc). Vingt ans après, grâce à une conduite raisonnée de la vigne – avec les conseils d’Emilie Roulée – et une approche très traditionnelle de la vinification, à l’abri des modes, Marie-Laure Lurton a su donner à chacun de ses vins une personnalité propre : le classicisme de Villegeorge, l’élégance et le soyeux de La Tour de Bessan, la matière et la fougue de Duplessis se complètent hramonieusement.

En 2011, Marie-Laure Lurton a souhaité donner un nouveau souffle à ses seconds vins en créant une gamme cohérente et complémentaire, tant au niveau des styles que du “packaging”. Ainsi est née l’idée de personnaliser chaque second vin en l’associant à un personnage. Le Page de la Tour de Bessan, qui existait depuis 2000, a ainsi été rejoint par l’Etoile de Villegeorge et le Cardinal de Duplessis. On peut aujourd’hui en découvrir les derniers millésimes et en comparer les subtiles différences. A la souplesse toute “margalaise” du Page 2007 répond le fruité séduisant de l’Etoile 2009, tandis que le Cardinal 2008, prêt à boire (après un passage en carafe, nous conseille Marie-Laure Lurton) se révèle plus corpulent, charnu et complexe.

Pour réaliser les étiquettes de ces seconds vins et bien ancrer leur identité, Marie-Laure Lurton a fait appel au designer Frédéric Durand (agence Signe Clair), avec lequel elle collabore depuis une dizaine d’années. “L’idée était de donner une personnalité féminine au second vin de Villegeorge, à boire sue la jeunesse et sur le fruit, et d’associer le second vin de Duplessis à Richelieu, dont le neveu aurait possédé le domaine”, souligne Marie-Laure Lurton. Le résultat démarque ces seconds vins des habillages traditionnels, et leur ouvre de nouvelles perspectives – ce qui était l’objectif premier, pour donner à ses seconds vins, jusqu’ici surtout réservés au vrac, toutes leurs chances en bouteille… Alors, lequel de ces trois personnages attisera votre curiosité ?

Prix indicatifs : 7, 80 € (L’Etoile 2009), 8, 10 € (Le Cardinal 2008), 9, 50 € (Le Page 2007).

Mathieu Doumenge