A une dizaine de jours du coup d’envoi des Primeurs, le vignoble bordelais se met en ordre de bataille. Il faut sauver le soldat 2013, millésime en péril. Du côté des grands liquoreux, on se veut optimiste.

Tout faire pour désamorcer à l’avance le “2013 bashing” à Bordeaux. Alors que cette campagne des Primeurs, qui débute dans une dizaine de jours, s’annonce extrêmement périlleuse pour un millésime que beaucoup de professionnels estiment “condamné d’avance”, certains s’efforcent encore de remettre les pendules à l’heure : oui, ce millésime a été l’un des plus compliqués depuis longtemps à Bordeaux ; oui, les perspectives commerciales de ce 2013 s’annoncent plus que délicates ; mais pour ceux qui, comme le souligne Jean-Luc Zell du château d’Agassac (interview à lire prochainement sur ce site), “ont fait tout simplement leur travail de vigneron”, il y aura de bons bordeaux à boire en 2013. Reste à effectuer un vrai travail de dégustation. A juger les vins sur ce qu’ils sont, pas sur ce qu’ils auraient pu, ou dû être, pas sur la “tendance” globale du millésime, mais sur le travail qui a été fait, concrètement, à la vigne comme à la cave.

Du côté des crus classés de Sauternes et Barsac, après un millésime 2012 assez cauchemardesque (qualité, rendements, Yquem qui décide de faire cavalier seul…), le discours sur le 2013 se veut rassurant. Dans un communiqué, les grands liquoreux bordelais annoncent un millésime “fringant, vif, marqué par un fruit éclatant et un bel équilibre”. Dégustés le 11 mars dernier au château Guiraud, ces crus classés estiment “avoir réussi un grand millésime”. Le retard de floraison provoqué par les pluies printanières, a été rattrapé par les beaux mois de juillet et août, et par “un automne doux et humide favorable à un développement précoce et généralisé du botrytis. Le début des vendanges a été particulièrement prometteur. Toutes les conditions étaient réunies pour réaliser un millésime exceptionnel. Les températures élevées du 22 au 26 septembre permirent concentration rapide des baies “pourries nobles”. Les vendanges ont débuté la dernière semaine de septembre. Les deuxièmes et troisièmes tries furent effectuées entre le 8 et le 25 octobre, ralenties par les averses du début du mois.”

Dans ce communiqué évoquant une climatologie proche de 2007, les crus classés de Sauternes et Barsac estiment avoir été “privilégiés” et avoir signé un millésime “marqué par un style éclatant avec un fruit à la fois très aromatique et élégant. On est dans un registre de fruits blancs et d’agrumes, pêche, poire, citron… Les vins sont homogènes, équilibrés, avec des degrés de liqueur différents de l’un à l’autre”. Ils concluent en soulignant que, même s’il manque un peu de complexité (ce qui lui manque pour être “exceptionnel”), ce millésime 2013 devrait montrer une belle aptitude au vieillissement.

Vérification in situ, à partir du 31 mars, pour la semaine des Primeurs. A suivre en direct sur Terredevins.com