Brigitte Jeanjean (Photo P. Martinez)
Brigitte Jeanjean (Photo P. Martinez)

L’entreprise héraultaise de négoce familial (groupe Advini) lance deux nouvelles cuvées AB et sans soufre à l’occasion du salon Millésime Bio, du 28 au 30 janvier à Montpellier. Et affiche ses ambitions bio afin de révéler la singularité de chaque terroir pour ses huit propriétés languedociennes.

Deux ans après Autochtone rouge, premier vin nature des Vignobles Jeanjean, l’entreprise héraultaise actionnaire majoritaire du groupe Advini, récidive avec un blanc Autochtone IGP Saint-Guilhem-le-Désert sans sulfites ajoutés. Et une nouvelle cuvée bio, L’Extrême, un AOP Terrasses du Larzac vinifié en levures « originelles », c’est-à-dire des levures indigènes sélectionnées sur la propriété selon un procédé innovant développé sur cinq domaines des Vignobles Jeanjean. Ces deux vins sont issus des terroirs du Causse d’Arboras, propriété de 16 hectares au cœur de l’appellation Terrasses du Larzac, acquise en 2013.

Mais ces nouveautés ne sont que la partie émergée d’un iceberg appelé à se dévoiler dans les prochains mois, avec l’arrivée d’autres cuvées bio ou nature à l’instar de Un pour tous, un vin sans sulfites ajoutés produit sur le domaine de Fenouillet en AOC Faugères. « Avec cinq domaines certifiés AB en Languedoc et trois autres en conversion en 2019, nous avons à présent 150 hectares de vignoble en bio et la totalité qui le sera en 2021 sur le millésime 2020 », détaille Brigitte Jeanjean, à la tête des Vignobles Jeanjean qui gère huit domaines et 205 hectares de vignes en Languedoc.

« On ne fait pas de l’hectomania »

Si cette femme d’affaires, cinquième génération de vignerons en Languedoc, a fait le choix du bio pour ses huit propriétés, c’est par conviction et afin de révéler la singularité de chaque terroir : les sables de Camargue (domaine Le Pive) ou de la côte (domaine du Mas Neuf), les schistes de Faugères (domaine de Fenouillet), les argilo-calcaires des Terrasses du Larzac (Causse d’Arboras), les calcaires des Grès de Montpellier (Mas de Lunès), etc. « Tous le travail que nous effectuons en Agriculture biologique vise à révéler la singularité de nos terroirs. Proposer des vins sans sulfites ajoutés, c’est pousser cette démarche encore plus loin car il y a une effet dissolvant du S02 qui lisse le terroir », explique Brigitte Barreiro, responsable marketing des Vignobles Jeanjean.

Le bio, c’est aussi pour cette entreprise languedocienne, la possibilité de mettre en valeur les huit propriétés que possède la famille Jeanjean au cœur des plus belles appellations du Languedoc. « Pour les consommateurs, Jeanjean a longtemps été perçu comme le gros négociant ce qui nous a amené en 2012 à séparer nos métiers entre l’activité négoce et les domaines regroupés sous l’entité Les Vignobles Jeanjean, explique Brigitte Jeanjean. Très peu de gens savaient qu’on ne fait pas de l’hectomania, ils découvrent aujourd’hui cette facette de notre entreprise avec huit domaines languedociens qui sont autant de petits bijoux enchâssés au cœur de la nature sauvage. » Une image d’Epinal que Les Vignobles Jeanjean s’attachent à faire connaître, avec une production de 2,5 millions de cols commercialisée majoritairement à l’export et sur le segment CHR.

Nouvelles cuvées

1/ L’Autochtone blanc 100% Vermentino, IGP Saint-Guilhem-le-Désert 2018
La vivacité du Vermentino pour ce vin très légèrement perlant, mais dont la bouche, florale et marquée par les fruits à chair blanche, révèle une belle arête acide. Finale persistante avec une délicate amertume pamplemousse.
Prix public 15 €

2/ L’Extrême rouge AOP Terrasses du Larzac 2016
Cette Syrah (pour 70% de l’assemblage, associé au Grenache et au Mourvèdre), joue le registre des vins de la vallée du Rhône, déroulant une bouche gourmande de petits fruits rouges associés à des notes de Zan. Une belle fraîcheur en partie expliquée par l’altitude du vignoble du Causse d’Arboras, situé 320 mètres d’altitude au pied du mont Saint-Baudille au cœur des Terrasses du Larzac. La particularité de cette cuvée bio tient aux levures indigènes utilisées lors des vinifications, ou plutôt des levures « originelles », des levures sélectionnées sur la propriété. Prix public : 18 €