Ci-dessus : sarcophage des amours vendangeurs (photo Arnaud Späni © Narbo Via)
Ci-dessus : sarcophage des amours vendangeurs (photo Arnaud Späni © Narbo Via)

Carole Delga, présidente de la région Occitanie et de l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) Narbo Via, a mis la main à la plantation de vignes dans les jardins du nouveau musée Narbo Via, consacré à la Cité antique de Narbo Martius, aujourd’hui Narbonne.

Le mercredi 31 mars, la plantation de vigne symbolique autour du nouveau musée Narbo Via a rassemblé les représentants des institutions et les acteurs de la vigne et du vin du département, autour de Carole Delga, présidente de la région Occitanie Pyrénées-Méditerranée et présidente du conseil d’administration de l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) Narbo Via.

Un musée pour retracer l’histoire de la cité romaine sur la Narbonnaise

Rome gagne, entre 125 et 121 av. JC, le territoire allant des Pyrénées aux Alpes et de Toulouse au lac Léman, puis entreprend la construction de la Via Domitia (la Voie Domitienne) qui relie l’Italie à la péninsule ibérique.
Durant le principat d’Auguste, Narbo Martius (Narbonne) prend de l’importance. En 22 av. JC, Auguste réorganise l’administration de la province de Gaule transalpine qui devient une province sénatoriale. Après avoir fixé la capitale à Narbo Martius, la province prend le nom de “Gaule narbonnaise” sur laquelle va se développer l’activité viticole.

Le nouveau musée Narbo Via, à Narbonne, met en valeur cet héritage issu de l’antiquité romaine. Il vise à restituer le passé glorieux de la grande cité antique dont il ne reste aucun monument. Elle a été la première colonie romaine en terre gauloise, capitale de la province de Gaule Narbonnaise, port de commerce actif ouvert sur tout le monde méditerranéen. L’établissement public de coopération culturelle Narbo Via rassemble trois lieux :
– Le nouveau musée Narbo Via. Les galeries souterraines de l’Horreum construites au Ier siècle avant notre ère et situées à 5 mètres au-dessous du sol moderne. Elles devaient constituer les fondations d’un bâtiment, sans doute de type marché, dont la recherche n’a pas encore découvert tous les secrets (Horreum signifiant “entrepôt” en latin).
– Le site-musée archéologique d’Amphoralis. Situé à Sallèles-d’Aude, à une douzaine de kilomètres au nord de la capitale antique de Narbo Martius, c’est un ancien atelier de production d’amphores gauloises, mis à jour dès 1976. Son musée surplombe les fouilles archéologiques d’une fabrique antique de poteries (Ier–IIIe siècle). Il permet de découvrir la vie quotidienne et l’activité de ces potiers qui produisaient en masse des amphores vinaires.
– Narbo Via compte aussi une section recherche : le projet collectif de recherche (PCR) sur les ports antiques de Narbonne. Ce PCR porté par le CNRS (Corinne Sanchez), en lien avec le DRASSM et l’Université Paul-Valéry de Montpellier, a été lancé en 2010 avec pour objectif de retrouver et d’explorer le système portuaire antique de Narbonne.

L’ouverture du musée de Narbo Via, initialement prévue pour mi-février, est repoussée en raison du contexte sanitaire actuel.


(photo Arnaud Späni © Narbo Via)

Le musée Narbo Via, histoire et architecture

Narbo Via est le fruit d’une volonté, impulsée dès 2010 par Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon et Jacques Michaud, président de la commission archéologique de Narbonne, de créer un musée dédié à l’histoire romaine du narbonnais. La première pierre a été posée le 11 novembre 2015 et le projet a mobilisé un financement de 50 millions d’euros de la part de la Région. La réalisation du bâtiment a été portée par l’agence internationale Foster+Partners, associée au studio Adrien Gardère pour la muséographie et à l’architecte d’opération nîmois Jean Capia.

Le nouveau bâtiment est situé à l’entrée est de la ville, le long du canal de la Robine. Le musée Narbo Via démultiplie les expériences de visite, par le biais d’une programmation culturelle variée : visites-découvertes des 1000 œuvres et objets du parcours permanent, expositions temporaires, ateliers, projections de films, nocturnes festives, découvertes des coulisses et des réserves du musée, visite des chantiers de fouille sur le territoire.

Sa première exposition Veni Vidi Bâti propose une réflexion sur la persistance du prestigieux héritage architectural de la Rome antique. L’exposition met ainsi en lumière les grands principes de l’architecture romaine (organisation urbaine et sociale, lumière, circulation de l’air et de l’eau, structures et matériaux) avec leurs réutilisations et réinterprétations contemporaines pour aboutir au bâtiment du musée Narbo Via, carrefour entre ces deux périodes. Plus d’une centaine d’œuvres, provenant d’institutions françaises, italiennes et anglaises, sont présentées.

Le musée compte un parcours permanent de 2 800 m2, une salle d’exposition temporaire de 500m2, un auditorium de 200 places, 3 ateliers pédagogiques, un restaurant, une boutique, des jardins, un laboratoire de restauration et de recherche, des réserves et salles d’études.

Les vignes du musée, collection historique et contemporaine

La vigne a été introduite à Narbonne dès le Ier siècle de notre ère. La plantation de vigne autour du musée rend hommage à ce travail séculaire de la terre qui fait aujourd’hui partie du patrimoine identitaire narbonnais.

La plantation compte à ce jour 65 variétés de Vitis Vinifera et de Vitis Vitis (vignes originelles) réparties sur 6 groupes de variétés : 15 cépages étrangers anciens du bassin méditerranéen (Italie, Grèce, Espagne, Maroc), 8 représentants des vignes sauvages et notamment le Vitis Romanetii, 42 variétés françaises représentant l’évolution des cépages depuis l’époque romaine (parmi les plus anciens, on peut citer les Muscats et le Gouais, principaux ancêtres de nos cépages actuels), des cépages témoins du début de l’hybridation dès le XIXème siècle (Alicante, Les Seyve Villard…) et des cépages de demain, résistants ou conçus pour résister aux changements climatiques et aux maladies (“Barbera” d’Italie et “Moschofielro” de Grèce aujourd’hui cultivés dans les pays du sud de la Méditerranée). A terme, la parcelle comportera une centaine de pieds, plantés de 1,50m en 1,50m.

Le travail de recherche de plants et de greffage a été réalisé par le Service Bois et plants de Vigne de la Chambre d’agriculture de l’Aude en parfaite collaboration avec le Musée et la Société SEV (Service Espaces Verts) de Narbonne. Ces plants de vignes sont labellisés Agriculture Biologique. Ils seront entretenus par les techniciens et jardiniers du musée suivant les critères de l’agriculture biologique. A terme, le projet est de produire un vin (une cuvée très confidentielle avec 100 pieds), que l’on retrouvera dans les boutiques du musée.


Photo A. Saux © Narbo Via

Les boutiques côté cave

Les boutiques du musée proposeront des vins locaux, des vins antiques et des produits artisanaux régionaux qui peuvent les accompagner.
Pour les vins antiques, on trouvera dans un premier temps, uniquement à Amphoralis et à l’Horreum, le Mas des Tourelles et de Domaine du Cardona ainsi que de l’hydromel, de la carthagène et du vinaigre artisanal de Coursan.
Pour les vins locaux, les AOC, AOP et IGP du territoire (Corbières, Minervois, la Clappe, Fitou) seront mis à l’honneur. Ils proviennent principalement des vignerons labellisés Vignobles & Découvertes – Les Vignobles de la Via Domitia en Languedoc. Le label, en cours d’obtention pour Narbo Via, est déjà partenaire avec Amphoralis et l’Horreum. D’autres domaines régionaux seront proposés à l’ouverture puis se succèderont sur les rayons de la boutique. Nombre de leurs cuvées sont issues de vinification ou de passage en dolia, jarre ou amphore. On trouvera des vins Gérard Bertrand : la cuvée Narbo Martius (IGP Coteaux de Narbonne) et l’Art de Vivre (AOP Languedoc), en Minervois, le château de Paraza, en Corbières, le château Montfin à Peyriac-de-Mer, le domaine Les Cascades à Ribaute, pour La Clappe, Sarrat de Goundy (Vin de France), le château Le Bouïs (IGP Pays D’Oc) et en Lézignanais, famille Fabre (IGP Pays D’Oc).

Pour un antique “apéritif” (mot dérivé du latin “apertivus” d’aperire qui signifie ouvrir), on trouvera pour ses convives (mot dérivé du latin “conviva”, de “convivere” soit vivre ensemble et de “convivium”, repas pris ensemble) les petits biscuits de Lara, biscuiterie artisanale locale et les produits à base d’olives de l’Oulibo (entreprise du patrimoine vivant) avec deux variétés d’olives régionales (lucques et pitcholines), des tapenades d’olives vertes et noires.

Photo ci-dessus :
A la plantation de vignes dans les jardins du nouveau musée Narbo Via, aux côtés de Carole Delga, présidente de la région Occitanie et de l’EPCC Narbo Via, étaient présents…
Représentant les institutions : Rémi Recio sous-préfet de Narbonne, Didier Codorniou 1er vice-président de la Région, Patrick Francois conseiller départemental du canton de Narbonne 3, Emma Bellotti-Lascombre vice-présidente du Grand Narbonne en charge de la politique et des actions culturelles, Jacques Michaud président du conseil scientifique de Narbo Via.
Représentant les acteurs de la filière vini-viticole audoise : Philippe Vergnes président de la chambre départementale d’agriculture, Jean Caizergues président de la CCI de l’Aude, Gérard Bertrand président du groupe Gérard Bertrand Wines, Laurent Meger Grand Maître des consuls de Beaucaire en terre d’Argence, le baron Georges de Marestan Grand Maître de Septimanie, Claude Rabasse Grand Maître des consuls de la Seigneurie de Leucate.