(photo JM Brouard)
(photo JM Brouard)

A l’instar de la fashion week qui vient de commencer à Paris, Penfolds s’est prêté à son exercice annuel de présentation de sa nouvelle collection qui met en valeur principalement le millésime 2019 mais pas exclusivement.

Dire que peu de gens connaissent les vins australiens en France est un euphémisme. Affirmer qu’encore moins de gens ont eu la chance de goûter aux vins de la maison Penfolds, la marque viticole australienne la plus célèbre, est une évidence. Il ne s’agit pas là d’un manque d’intérêt évidemment. Mais simplement, en dépit d’un léger frémissement ces dernières années, les vins produits en dehors de nos frontières peinent encore à se faire une place sur le marché hexagonal. Pourtant, s’il y a bien une certitude, c’est que de très grands vins sont produits partout dans le monde. Hémisphère nord comme hémisphère sud, même combat ! Souvent caricaturés à l’extrême, les vins de ce soi-disant Nouveau-Monde (où la viticulture est souvent plus que centenaire…) s’avèrent enthousiasmants pour l’amateur qui a la chance de pouvoir les découvrir. Et parmi eux, ceux de Penfolds racontent une histoire longue aujourd’hui incarnée par Peter Gago, le maître de chai de la maison.

De la puissance, oui, mais du fruit et de la suavité !

Sans trop forcer le trait, il n’est toutefois pas évident de s’y retrouver dans la gamme des vins Penfolds qui comptent 35 références. Fruits d’assemblage de raisins de terroirs et de régions très différentes dans leur très grande majorité, ils sont identifiables par des noms de cuvées estampillés « Bin » ainsi qu’un numéro associé. Quant aux prix, ils s’étendent de 9€ pour les entrées de gamme à plus de 1000€ pour des cuvées spéciales. Parmi toutes les nouveautés, citons notamment le Bin 28 2019, un shiraz (le nom australien de la syrah) issu majoritairement de la célèbre Barossa Valley et qui offre un nez charmeur, mûr, oscillant entre fruits noirs et pointe chocolatée. De la mâche en bouche mais sans excès. Un excellente introduction au style Penfolds. Autre shiraz, le Bin 128 2019 issu de Coonawarra impose une grande complexité aromatique (fruits noirs, notes lardées) et s’avère plus souple, porté par une très belle acidité.

Mais Penfolds, ce sont aussi des cabernets sauvignon flamboyants. L’assemblage avec du shiraz donnent notamment naissance au célèbre Bin 389, qualifié de « Baby Grange » tant il offre déjà un grand plaisir de dégustation, bien plus accessible (80€) que son prestigieux grand frère, le Grange (650€). Issu du millésime 2017 sur les splendides terroirs de Barossa Valley et de McLaren Vale en Australie Méridionale, celui-ci est une grande réussite exhalant épices, chocolat, notes délicatement fumées le tout dans un velouté de matière admirable. Un vin qui vieillit traditionnellement très bien comme le démontre le Grange 2005 en forme olympique aujourd’hui avec ses fruits noirs, sa réglisse, ses notes lardées. Mais s’il fallait n’en garder que deux, alors il faudrait d’abord citer le St Henri 2018 (100€), assemblage de syrahs issues de 7 régions différentes donnant un vin précis, ciselé aux notes de mûre, de graphite, d’épices douces. Le second serait à n’en pas douter le Yattarna 2019 (170€), un chardonnay tendu, droit, aux notes d’agrumes croquantes et à la salinité sous-jacente. Un modèle de fraîcheur et d’élégance né notamment sur des terroirs de Tasmanie et d’Adelaïde Hills.