C’est en 1996 que Cyril et Françoise Dubrey ont eu le coup de foudre pour ce domaine situé au cœur de l’appellation Pessac-Léognan. 26 ans plus tard, ils ouvrent le capital à la famille Hériard-Dubreuil qui présida à la création des Cognac Remy Martin.

Cyril Dubrey, ingénieur en agriculture et œnologue, s’est passionné pour ce château Mirebeau, propriété de cinq hectares donc quatre de vignes, dominant le village de Martillac, composée d’une « jolie bâtisse du 17ème,  avec ses arbres bicentenaires et sa vue imprenable sur la vallée de la Garonne ».

Le château Mirebeau, est un territoire que Cyril et Françoise ont protégé de l’urbanisation galopante. Le terroir de quatre hectares, d’un seul tenant, est composé de vieilles graves sur sous-sol argilo-sablonneux avec des affleurements calcaires et des fossiles marins : un terroir qualitatif de premier ordre. L’encépagement en rouge se compose de 70 % de Merlot Noir, 20 % de Cabernet Sauvignon, 5 % de Petit Verdot et, un peu atypique, 5 % de Carménère.

D’importants travaux de rénovation et de lourds investissements dans du matériel performant ont vite été réalisés après l’acquisition et, dès 2005, Cyril a conduit son vignoble « selon les principes de la Biodynamique »  sans pour autant demander la certification. Mais depuis peu, un processus de certification a été engagé et le 1er vin certifié bio sortira en 2024.

Les motivations de l’ouverture au capital.

La famille Hériard-Dubreuil, entrante au capital, est fondatrice et propriétaire de la maison de Cognac Remy Martin, qui a, en 1991, fusionné avec Cointreau pour fonder le groupe Rémy-Cointreau. La famille Hériard-Dubreuil est majoritaire dans le groupe et possède un portefeuille de spiritueux dont la renommée est internationale. Outre le cognac Rémy Martin et la liqueur Cointreau, on peut citer, entre autres, le cognac Louis XIII,  le spiritueux grec Metaxa, le rhum Mount Gay, le brandy St-Rémy, auxquels il faut ajouter des marques de gin et de whiskies. Si le groupe a un savoir faire indéniable sur les vignobles de Cognac, il ne possède pas de vignoble traditionnel. Cet « investissement patrimonial » est un pas dans ce secteur.

Concernant l’achat de parts du château Mirebeau, il s’agit « d’un investissement patrimonial » insiste-t-on. On peut avancer que la qualité du terroir de ce château de Pessac-Léognan n’a pas échappé à cet investisseur majoritaire. Quant au futur, on évoque « un projet de long terme pour développer et travailler cet écrin aux cotés de Cyril pour savoir comment il travaille. Il en aura les rênes au quotidien ». Cyril et Florence Dubrey, deviennent « des partenaires  qui continueront à travailler au château Mirebeau et à y habiter ». 

Besoin de voir se moderniser l’outil de travail d’un côté, investissement patrimonial de l’autre, voilà les raisons d’un partenariat gagnant/gagnant.