Pio Marmaï (Photo: P. Gonnet)
Pio Marmaï (Photo: P. Gonnet)

Le comédien de 37 ans sera le président de la 161e vente des Hospices de Beaune, aux côtés de sa consœur Jeanne Balibar, ce dimanche 21 novembre. Sa mission : animer la vente de la pièce de charité, et faire monter les enchères, devant un parterre d’acheteurs du monde entier. Entretien.

Demain soir vous animerez la vente de la pièce de charité avec Jeanne Balibar. C’est probablement le moment le plus attendu des ventes. Comment l’appréhendez-vous ?

Il y a une pression, c’est sûr. Il faut donner de l’intérêt au public, titiller les acheteurs pour faire monter l’enchère, pour la cause. Cela va me demander un peu de travail, car je connaissais peu la vente jusqu’ici. J’ai commencé à regarder quelques vidéos d’autres présidents, comme la prestation culte de Fabrice Luchini en 2010. Mais je ne suis pas Fabrice Luchini !

Quel serait votre style à vous ?

Sur la prise de parole, je suis quelqu’un d’assez instinctif, naturel. Enfin, je sais me tenir quand même [rires]. Mais je veux prendre des risques, que ce soit un peu casse-gueule, sur le fil. Pour moi rien n’est acquis.

Les bénéfices de cette pièce de charité iront à la Institut Curie, dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein. Pour quelles raisons accepter ce parrainage?

J’ai dit oui immédiatement car la cause me touche. J’ai perdu une personne proche d’un cancer il y a quelques années. Ça m’a marqué, j’ai vu la vie différemment. Et je trouve que le choix de soutenir la cause des femmes en général [les bénéfices iront aussi à la fédération solidarité femmes, contre les violences faites aux femmes, Ndlr], est un vrai choix de la part des Hospices, presque surprenant. Cela m’a plu. Au-delà, il y a la Bourgogne. J’ai noué un lien particulier avec cette région viticole depuis le tournage de Ce qui nous lie.

C’est-à-dire ?
Je me sens en phase. Ce rapport artisanal que les vignerons bourguignons entretiennent avec leur travail, je le retrouve aussi dans ma manière de jouer. En Côte de Beaune tout le monde se connaît, il y a un côté assez rassurant, comme un village, je me sens vite à l’aise.

C’est grâce au tournage que vous avez découvert la Bourgogne viticole ?

Oui, j’ai vraiment découvert ce monde avec Cédric Klapisch. Pendant le tournage, on a fait un travail d’apprentissage sur les vinifications avec François Civil, pour pouvoir jouer notre rôle de vigneron. J’ai vu le métier différemment, découvert tout le travail que cela implique, et cette technicité qui me dépasse complètement ! Depuis, j’ai gardé beaucoup d’amis en Bourgogne. Et j’y achète beaucoup de vin!

À ce propos, quelles sont vos références ?

Comme ça, je pense à Jean-Marc Roulot bien sûr, ou Arnaud Chopin, avec qui je bois beaucoup de vin [rires].

Et votre style de Bourgogne ?

Je suis très Meursault, mais je ne suis pas très objectif… Attention, pas des meursault trop gras, toujours tendus et ciselés !

Quelle bouteille vous a procuré une émotion particulière dernièrement ?

C’était un grand cru… mince j’ai oublié [il appelle son père] Allô, qu’est-ce qu’on a bu la dernière fois ? Voilà, un Clos des Lambrays ! C’était incroyable. On ne s’embête pas chez les Marmaï ![rires]