Avec des poids lourds aussi en éveil que Montrose, Calon Ségur, Cos d’Estournel, Lafon-Rochet, ou encore Phélan-Ségur, Bernard Audoy, le président de l’appellation St-Estèphe, lui même propriétaire du château Cos Labory – 5ème grand cru classé en 1855 – peut avoir le sourire. « Oui, les choses bougent à Saint-Estèphe », glissait-il mardi, dans les jardins de Lafon-Rochet, où se dégustent les pauillacs et les saint-estèphes 2013, durant cette semaine des primeurs.

Une satisfaction d’autant plus grande, qu’à titre personnel, il fait partie des quelques propriétaires ayant réussi à produire plus de volume en 2013 qu’en 2012. Une vraie performance quand on sait que la plupart des domaines annonce une production en baisse de 30 à 40%. Principale raison à cela : Saint-Estèphe en général, et Cos Labory en particulier, ont été épargnés par les averses. Et les caprices du ciel.

« Pour ce millésime 2013, globalement nous avons été privilégiés, on a eu moins de pluie que d’autres appellations, avant et pendant les vendanges. Ce qui n’est pas négligeable. »

Ce qui n’a toutefois pas empêché les phénomènes de coulure sur ses merlots. Conséquence, le 2013 est dominé par le cabernet sauvignon. « J’ai 68% de cabernet sauvignon, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, précise-t-il. Pour ce millésime, il ne fallait pas trop extraire. On l’a fait en douceur, en vinifiant à basse température. Nous avons un vin très plaisant à boire et moins alcolleux que les autres années. C’est un bon 2013. Il y a 20 ans, on aurait fait un mauvais millésime, là tout le monde a fait des progrès. On effeuille, on trie sur pied, on trie lors de la vendange, on travaille mieux. J’habite sur place, je suis tous les jours les vignes. »

J.D.