(photo : P Cronenberger)
(photo : P Cronenberger)

Pour la première fois dans l’Histoire, l’été commence un 19 mai ! La réouverture des terrasses convoque des parfums de Libération aux quatre coins de l’Hexagone dans un irrépressible besoin latin de dilettantisme, d’échanges et de plaisir. Du vin pourrait couler à flots…

C’est le jour J. On s’agite à sortir les tables et les mange-debout, les chaises et les tabourets. Même le bruit de cette préparation qui résonne sur les pavés est jouissif. Sur les réseaux sociaux, les cafetiers rivalisent de posts pour appeler à la mobilisation générale malgré les ciels incertains. Partout, une fièvre s’empare de la population à l’idée de trinquer, à l’idée de respirer. Pour la première fois dans l’Histoire, l’été commence un 19 mai. C’est la magie de l’illusion. Ce matin, ce fut le temps d’un café, ce soir davantage celui d’un verre de vin.

« Nous sommes sur le pont. J’ai des réservations pour ce soir alors que d’habitude les gens ne réservent pas pour le mercredi. On sent de la ferveur, il y a quelque chose de symbolique dans cette ouverture des terrasses,. Je vais en profiter pour communiquer sur une soirée que j’organise pour la fête de la musique », souligne Didier Sabarots, de la Cave Arno, située au Taillan (33). Au cœur de Bordeaux, on ressent le même frémissement. Au bar du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux), lové sur le cours du 30 Juillet, c’est le branle-bas de combat. « Les équipes sont ultra-motivées. C’est une ambiance particulière. Malgré les masques, on voit des sourires partout, on voit aussi les camions en livraison, ça fait du bien », explique le directeur du bar, Guillaume Gresta, avant d’ajouter : « On ressent un plaisir fou. On imagine déjà les gens courir à la débauche, on nous appelle pour savoir si nous sommes bien ouverts… ». Il faut dire que seulement 9 tables seront à disposition, soit une cinquantaine de places assises dans ce bar, mais tant d’autres nourrissent les terrasses un peu partout.