Basile Tesseron,  Château Lafon-Rochet.
Basile Tesseron, Château Lafon-Rochet.

Le jeudi 4 février, la propriété sera au rendez-vous de la grande dégustation organisée au Palais de la Bourse de Bordeaux par « Terre de Vins ». Rencontre avec l’homme à la tête de la propriété familiale, Basile Tesseron, pour en apprendre un peu plus sur ce 4ème Grand Cru Classé de Saint-Estèphe.

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Sa silhouette jaune se dresse au cœur des 41 hectares de vignes de la propriété. Depuis 1960, la famille Tesseron écrit l’histoire du château Lafon-Rochet, 4e grand cru classé de Saint-Estèphe. Ses vins seront en dégustation lors de Saint-Estèphe Tasting, le 4 février prochain au Grand Foyer du Palais de la Bourse de Bordeaux (18h-21h). En amont de ce bel événement réunissant une quarantaine de propriétés de la prestigieuse appellation médocaine, « Terre de Vins » a donné la parole à Basile Tesseron. Rencontre.

Cultivez-vous les vignes de Lafon-Rochet plutôt comme un jardin, comme un champ, ou leur laissez-vous la liberté d’un espace sauvage ?

On cultive notre vignoble comme un potager. Les vignes, à 57% du cabernet sauvignon, 37% du merlot, 4% du petit verdot et 2% du cabernet franc, sont réparties tout autour de la bâtisse. On les travaille, on les taille comme on pourrait prendre soin de nos rosiers ou de nos pieds de tomates, on vendange manuellement. On essaye de faire du bon vin, tout en respectant la nature évidemment, mais surtout en protégeant les hommes. Mes enfants jouent entre les rangs de vignes, je n’ai pas envie de les intoxiquer. Et au-delà de ça, les deux plus gros consommateurs de Lafon-Rochet sont mon père et moi, donc on n’a pas envie de s’empoisonner non plus !

Si vous deviez comparer les vins de la propriété à un style musical, ce serait…
De la musique classique. Mais à l’intérieur de ce même style musical, je ferais une distinction. Notre second vin, les Pèlerins de Lafon-Rochet, est comme un quatuor. Vous êtes à l’intérieur du quatuor et vous pouvez profiter de chaque instrument au sein de l’orchestre. Le grand vin, Lafon-Rochet, serait plutôt un orchestre philharmonique. Pour l’apprécier, il vous faut prendre quelques mètres de distance. Cette distance, ce sont les années de garde avant de pouvoir en profiter pleinement.

Diriez-vous que les vins ont plutôt les courbes voluptueuses d’une Nana de Niki de Saint Phalle ou les lignes anguleuses d’un Picasso période cubiste ?
Pour moi, ce serait la rondeur d’un Botero. A part le millésime 2010, très vif, avec sa trame très pointue, quasiment sur une lame, les millésimes de ces dernières années sont très ronds et suaves. Nos vins ont aussi une certaine salinité, quelque chose d’un peu hors norme, un style propre et unique. Ce sont des bouteilles qui attirent. Une fois que vous avez terminé la première, vous avez envie d’en déboucher une autre. C’est du bonheur  !

Participer à Saint-Estèphe Tasting aux côtés d’une quarantaine de propriétés de l’appellation, crus classés, bourgeois, artisans ou non-classés, c’est un peu comme une sortie en famille ?
C’est mieux ! Parfois dans une sortie en famille, on peut s’ennuyer. Saint-Estèphe Tasting, ce serait plus comme un dimanche avec des amis. Et c’est beaucoup plus drôle, car les amis, vous les choisissez. C’est un peu le village de Gaulois qui se déplace. On se connaît tous, on s’entend très bien, et les nouveaux arrivants sont toujours les bienvenus. Pour moi, nous sommes la seule appellation communale avec cet esprit et cette ambiance.

Toutes les propriétés viennent avec leur millésime 2013 et un autre au choix. Ce millésime a pu être décrié. Venir le faire découvrir est-il un challenge ?
2013 a été très sous-estimé. Je pense que l’on sera surpris, et dans le bon sens, avec ce millésime.

Si vous deviez recommander un accord mets & Lafon-Rochet aux lecteurs, quel serait-il ?
J’ai une idée très précise du meilleur accord qui soit… Ce serait une bonne brochette d’amis autour d’une même table !