L’application Sublivin permet de connaître la date idéale de consommation des vins. Avec 7000 références de vins bordelais intégrés dans sa base de données, la start-up héraultaise éponyme devrait rapidement s’étendre aux vignobles du Languedoc et de Bourgogne.

Finies la déconvenue d’un vin madérisé au moment d’ouvrir un château Margaux ou un châteauneuf-du-pape qui vieillissait gentiment dans votre cave. Ou en offrant un vin rare qui s’avèrera… bouchonné, lors d’un repas entre amis. Avec Sublivin, une intelligence artificielle intégrable sur site ou sur application, on peut déterminer la date idéale de consommation des vins sans se tromper.

Développée par la start-up Sublivin basée à Lunel dans l’Hérault, l’application lancée en janvier 2017, déjà riche de 7000 millésimes de vins bordelais intégrés dans sa base de données, devrait d’ici fin 2018, s’étendre aux vins du Languedoc et de Bourgogne. Elle a été conçue par deux entrepreneurs issus de l’informatique, Cédric Lesec et Dominique Fouques (photo ci-dessus) ; deux passionnés de vins que l’expérience utilisateurs avait eux-mêmes puissamment inspirés.

« Nous avions pris l’habitude lors de nos études, de nous challenger lors de repas entre amis pour déterminer qui amènerait la meilleure bouteille, retrace Cédric Lesec. Mais un jour en sortant une très bonne bouteille de ma cave, il s’est avéré que le vin était imbuvable. »

Le cas des dégustateurs professionnels

Suite à ce déclic, le duo décide de créer une solution informatique, c’est-à-dire un assistant intelligent du vin qui détermine la date de maturité future des millésimes. Pas de chimie dans cet exercice calqué sur la pratique des guides de vins spécialisés, mais une somme combinatoire de probabilités intégrées à une interface informatique.

« Notre postulat de départ, c’est que les dégustateurs professionnels arrivent à déterminer grâce à leur expérience, une date de maturité future des vins dans les différentes phases de la dégustation en analysant les arômes primaires, secondaires, tertiaires du vin. L’intelligence artificielle que nous avons développée permet de simuler cette expérience », explique Cédric Lesec.

Terroir, météo et probabilités

La solution intègre ainsi dans la somme des probabilités collectées, une série de critères ayant un impact significatif sur la date d’apogée des vins : cépage, appellation, couleur, prix (sans avoir d’incidence sur le vin, il est un bon indicateur du niveau qualitatif d’une appellation, NDLR), notes lissées des guides spécialisés, localisation du producteur, etc.

Si certains critères jugés peu parlants – parce que pas systématiquement collectables – n’ont pas été retenus, comme par exemple le grammage de sulfites présents dans les vins, en revanche, les données météo sur le lieu de production sont prises en compte, afin de faire parler l’effet millésime. « Les données météo sont collectées d’octobre à octobre, correspondant à un cycle végétatif complet, explique Cédric Lesec. Cela nous permet de comparer les années entre elles : 2010 par exemple était un excellent millésime dans le Bordelais. Si on retombe sur les mêmes critères météo en 2018, on peut déterminer une tendance se rapprochant du millésime 2010. »

En phase de pré-commercialisation, l’interface Sublivin devrait rapidement intégrer des sites d’e-commerce qui l’utilisent pour faire leurs recommandations au moment de la vente. Mais d’ores et déjà, cette interface de programmation (API) s’enrichit d’une application grand public développée depuis juin dernier, Viniday, offrant à l’utilisateur la possibilité de trouver le vin de l’année de naissance d’une personne chère, en déterminant dès l’achat à quel moment ce vin sera à son apogée.