(Photo Rodolphe Escher)
(Photo Rodolphe Escher)

Les représentants de la filière viticole espèrent un fonds de compensation pour le printemps après la visite samedi d’Emmanuel Macron sur leur stand au Salon de l’Agriculture, face à la décision américaine de maintenir à 25% les droits de douanes additionnels sur leurs produits.

Le chef de l’État “a pris l’engagement qu’il allait porter la demande d’un fonds de compensation auprès de l’Union européenne” dans le cadre du contentieux aéronautique américano-européen et qu’il allait “faire en sorte que d’ici le printemps ce fond de compensation puisse se mettre en place”, a déclaré Jerôme Despey, viticulteur et secrétaire général de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, à l’issue de l’entretien de la profession avec Emmanuel Macron.

“Nous avons dit au président que la viticulture subissait les représailles d’un conflit qui n’est pas le nôtre, avec un chiffre d’affaires de 300 à 400 millions d’euros de moins” pour la filière française sur le marché américain, a-t-il ajouté.

Ce chiffre de 300 à 400 millions d’euros est la prévision des pertes si le conflit devait durer une année.

“Nous sommes très inquiets de l’impact des taxes américaines. On a perdu 40% en novembre, 50% en décembre et le marché est aujourd’hui totalement à l’arrêt. On anticipe une chute des ventes de manière significative en 2020, surtout pour nos produits qui se vendent entre 10 et 30 dollars la bouteille, qui représentent les deux tiers de nos ventes aux États-Unis”, a pour sa part déclaré Antoine Leccia, président de la FEVS (exportateurs de vin) à l’AFP.

“Il y a urgence, car une fois qu’on aura perdu nos parts de marché, ce sera très difficile de les récupérer. Pour l’instant, ce sont notamment les vins italiens qui profitent de nos problèmes”, a assuré M. Leccia.

Les exportations de vins français sont soumises depuis le 18 octobre 2019 à des surtaxes de 25% dans un différend qui oppose Washington et Bruxelles sur Airbus et Boeing.

La filière viti-vinicole, qui emploie plus de 500.000 personnes directement et indirectement en France, a exporté pour près de 13 milliards d’euros en 2019, dont 3,4 milliards aux États-Unis, le premier marché devant le Royaume-Uni et la Chine.

En France, les vins et alcools sont les deuxièmes contributeurs à la balance commerciale, derrière l’aéronautique et devant les cosmétiques.