Dans une lettre ouverte accompagnant une pétition, le distributeur digital de grands crus interpelle directement Emmanuel Macron et l’appelle à « protéger la filière vinicole française des sanctions américaines ».

Certes, jeudi en début d’après-midi, ils n’étaient qu’une cinquantaine de signataires de la pétition en ligne ouverte par iDealwine, mais gageons que ce nombre devrait vite grimper tant les taxes américaines – passées et à venir – empoisonnent le secteur viticole français.

C’est par l’intermédiaire d’une lettre ouverte à Emmanuel Macron que Cyrille Jomand, président directeur-général d’iDealwine, introduit sa pétition. Il y explique notamment que le secteur vinicole, suite à la taxe de 25 % instaurée par l’administration Trump, se retrouve aujourd’hui « dans la position de victime collatérale d’une guerre commerciale qui ne la concerne en rien. Cette taxe, en vigueur depuis 18 octobre 2019, constituait en effet la réponse de l’administration Trump à un différend qui oppose les sociétés Airbus et Boeing. »

Et maintenant, la taxe GAFA

Poursuivant avec la taxation de 100 % annoncée côté américain en représailles à la taxe GAFA – mise en place par Bercy pour taxer les géants du numérique américains –, Cyrille Jomand insiste sur la place prépondérante de la filière vin dans l’économie française :
« Nous comprenons bien que le secteur de l’aéronautique est stratégique, et que le sujet de l’imposition des GAFA est lui aussi majeur. Nous tenons toutefois à vous rappeler que la filière vini-viticole, qui emploie 500 000 personnes en France, constitue le deuxième poste excédentaire de notre balance commerciale à l’exportation… derrière l’aéronautique, précisément. Les États-Unis constituent en valeur le premier marché à l’export des vins français, pour un volume de ventes qui a atteint 3,2 Mds€ en 2018. »

Si toute la filière est menacée par cette guerre commerciale, Cyrille Jomand prend logiquement l’exemple de sa société iDealwine, évoquant ses projets d’investissements outre-Atlantique : « La taxe de 25 %, mise en œuvre en octobre dernier nous avait déjà incités à reporter nos projets [d’implantation aux États-Unis], dans l’attente d’une évaluation de la réaction de nos clients actuels à cette mesure. Une taxation à 100 % des vins français marquerait l’arrêt définitif de nos projets d’expansion. Nous ne sommes très certainement pas les seuls à nous trouver dans cette situation. »

Emmanuel Macron et Bruno Le Maire n’ont certainement pas besoin de cette pétition pour leur rappeler l’effet pernicieux des « taxes Trump » sur la filière vin, mais elle pourrait néanmoins constituer une précieuse piqûre de rappel si elle venait à récolter un nombre significatif de signatures.