Photo: F. Hermine
Photo: F. Hermine

Après des vendanges « à peu près normales » et de belle qualité, les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez continuent à intégrer de nouveaux domaines dans leur escarcelle et distribuent désormais des vins étrangers.

Suite au départ soudain du Château de Pampelonne il y a deux ans, le groupement de coopératives et vignerons tropéziens, premier producteur de Côtes-de-Provence, s’était décarcassé pour dénicher d’autre partenaires et n’avaient pas tardé à intégrer des domaines comme Volterra et Siouvette et à signer de nouveaux partenariats commerciaux avec Sainte Marie et Sainte-Marguerite). Aujourd’hui, il compte 11 domaines dont le dernier, La Sultanine en bio, l’un des plus petits domaines de Provence, 4,5 ha situés à Ramatuelle. Par ailleurs, plusieurs domaines tels Aureillan et Clémentina se sont convertis en bio et Mas de Pampelonne a lancé sa conversion, dans le sillage de Sainte-Marie, Les Bouis et Gabriel, déjà certifiés. « La production bio représentait 600 hl chez nous l’an dernier, 5000 hl en 2021, environ une centaine d’hectares, et on devrait arriver à 7500 l’an prochain, précise le directeur Frédéric Schaeffer. Il fallait convaincre tout le monde, c’est fait et on devrait être entièrement en bio d’ici 5 ans ». Les vignerons bios sont suivis par le cabinet Oenolyse de Daniel Peraldi qui assure l’aide technique de la vigne à la vinification en passant par l’administratif. L’activité Domaines & Châteaux a été dynamisée pour compenser la baisse d’activité des cuvées Réserve personnalisées pour les restaurateurs. Et pas seulement à cause de la crise sanitaire. « Au début, nous étions les seuls à proposer ce service mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à plus de concurrence avec une activité « étiquette » en baisse, précise Frédéric Schaeffer. Nous allons compenser ça en passant les cuvées Réserve en bio car il y a très peu de domaines certifiés sur la presqu’île ».

Une gamme qui s’étend au-delà des frontières

Le groupement, présidée par Camille Coste (Mas de Pampelonne), a diversifié sa distribution et commercialise désormais un tiers de la production en CHR, un tiers en GMS « avec la plupart des enseignes mais sans référencement permanent pour l’instant » et un tiers à l’export. L’une des derniers créations, le rosé Gold, (11,90 €) a remporté un franc succès en multipliant ses ventes par cinq en 2021 (155 000 cols fin 21, 250 000 prévus en 2022)  tous circuits, en France et à l’international (Grande-Bretagne, Danemark, Bulgarie, Brésil…). Sur les rampes de lancement, un IGP Méditerranée rosé en canette (3,50-4,50 €), La Jolie Fleur également en IGP Méditerranée rosé pour Gallo aux Etats-Unis, la Note Bio en rosé (8,30 €) avec étiquette et capsule recyclées, encre à l’eau, bouteille allégée… et pour début décembre, le traditionnel et désormais très attendu rosé d’hiver, Grain de Glace (cette année sérigraphié de manchots) à 11,80€ dans le Top des ventes avec la Note Bleue et le Mas de Pampelonne. La cave produit toujours 90 % de rosés, encore en hausse, mais les blancs ont doublé passant de 2 à 4% avec de nouvelles cuvées dans cette couleur à Pampelonne, Maylis et Siouvette.

Par ailleurs, les Maîtres Vignerons ont signé plusieurs accords pour des échanges de distribution avec une quinzaine de vins étrangers, notamment d’Australie (Hardy’s), d’Afrique du Sud (Kumala), de Nouvelle-Zélande (Mud House)  du Chili (Kiko) et cinq références du mythique Orin Swift de David Phinney, en distribution ultra sélective dans les bars branchés de Saint-Tropez, Courchevel, Paris…