Il était stagiaire au Château Lamothe-Bergeron. Vingt ans plus tard, il revient comme directeur à la tête du Cru Bourgeois Supérieur en Haut-Médoc. En place depuis quelques jours, Charles Lemoine a déjà quelques idées en tête. Portrait.

Difficile de faire plus bordelais. « C’est vrai que je suis né ici et que j’ai fait mon Diplôme National d’Œnologue également à Bordeaux, mais mes parents n’étaient pas dans le vin », prévient Charles Lemoine. Le père est médecin, la mère est juriste mais il découvre rapidement les joies que procure une bouteille. C’est en bonne compagnie que Charles Lemoine est arrêté par un La Tour de By et par un Lagrange 1990 – on le comprend. Il est soufflé et de sa faculté de biologie, il penche, penche jusqu’à tomber dans l’œnologie avec l’obtention du diplôme à la sortie. Entre-temps, il y a eu des stages. Le premier est au Château Lamothe-Bergeron. « Pour la petite histoire… il y avait dans le même groupe le Pauillac Grand Puy Ducasse et le Sauternes Rayne-Vigneau… », dit-il. Nous sommes en 1999. Il enchaine toujours à Bordeaux, dans les Graves, au Château Carbonnieux. Il s’envole enfin vers les États-Unis, en Californie, pour travailler dans les vignobles de Roederer qui se situent dans l’Anderson Valley.

Retour en France en 2003, chez Olivier Decelle qui détient le Château Jean Faure à Saint-Emilion, le Cru Bourgeois Haut-Maurac et bien sûr le Mas Amiel. Suivront deux autres expériences professionnelles en tant que directeur commercial, au sein des Vignobles K puis chez Edmond de Rothschild héritage. « J’avais en charge certains comptes comme le casher ou certains monopoles en Scandinavie », explique le nouveau directeur du Château Lamothe-Bergeron, propriété depuis fin 2019 de la CAPSSA (Caisse de prévoyance des agents de la sécurité sociale et assimilés).

À 43 ans, il succède donc à Laurent Méry avec différents objectifs : « Je veux me concentrer sur la restructuration du vignoble qui fait 67 hectares, c’est l’envie d’être Cru Bourgeois Exceptionnel dans 5 ans, aller vers le bio si on a les moyens de le faire ; pour le style de vins, Hubert de Bouärd est notre consultant, on va être le plus fidèle possible au terroir, je veux revoir aussi la distribution, et enfin je vais poursuivre le travail de Laurent Méry sur le volet oenotouristique« . Le Château Lamothe-Bergeron, nonobstant l’épisode de la Covid, reçoit 9000 personnes par an, il compte parmi les Crus Bourgeois qui se sont le plus ouvert au public ces dernières années.