La maison Olivier Leflaive passe un nouveau cap en Champagne. Après un démarrage prudent en 2012 en collaboration avec le vinificateur champenois Érick de Sousa, le domaine de Puligny-Montrachet produit désormais ses cuvées “Valentin Leflaive” en solo.

“C’est un vieux rêve qui se concrétise”. Depuis son fief de Puligny-Montrachet, Olivier Leflaive savoure l’instant. Sa maison a terminé ses premières vendanges champenoises en complète autonomie. En collaboration, depuis 2012, avec le très respecté vinificateur champenois Érick de Sousa, la maison bourguignonne prend son envol. “C’était un objectif affiché”, reconnaît l’homme au panama, approuvé par le président de sa société, Jean Soubeyrand. “Tout est allé très vite. Nous avons installé notre cuverie à Oger [en Côte des Blancs, ndlr] au printemps. Dans la foulée nous avons obtenu le statut de négociant-manipulant, puis enchaîné avec les vendanges”.

Du champagne parcellaire

Si la maison veut poursuivre seule la production de son champagne Valentin Leflaive (du nom du fils d’Olivier Leflaive), c’est parce qu’elle a un projet bien précis. “Nous, on ne veut pas faire du champagne. Ce qui nous intéresse c’est de faire du champagne d’Avize, du champagne de Verzenay, ou du champagne du Mesnil.” En somme, du champagne de climats, le nom des terroirs en Bourgogne. Mais aussi “porté sur la fraîcheur et l’élégance, comme le veut le style de la maison”.

“Avec beaucoup d’humilité”

Des Bourguignons qui font du champagne, avec une touche bourguignonne… L’idée a pu faire grincer des dents du côté de Reims, mais Jean Soubeyrand tempère d’emblée : “On essaye de faire ça avec beaucoup d’humilité. Nous avons recruté un maître de chai ainsi qu’un directeur commercial champenois. On souhaite montrer qu’on arrive pas en terrain conquis.” Il est vrai que le domaine de Puligny y va pas à pas. Seules deux cuvées sont actuellement à la vente : le Valentin Leflaive “Signature” (blanc de blanc extra brut, 35€) et le Valentin Leflaive rosé (brut, assemblage blanc de rouge et vin rouge). Les premières cuvées “village” seront prochainement commercialisées : Avize (48€), Le Mesnil (49€) et Verzenay (47€).

Voilà pour l’année 2020, mais l’aventure ne fait que commencer. Pour ses prochaines cuvées, Olivier Leflaive souhaite monter encore d’un cran en gamme : “nous préparons des champagnes en stricte sélection parcellaire, soit des terroirs choisis à l’intérieur même des villages ; probablement millésimés”. Le tout en achat de raisin, à moins que… “Dans l’avenir nous pensons à acheter des vignes. Cela appuierait encore plus notre installation, notre engagement”.