©Vins de Nantes
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Grâce aux quelques pluies de la mi-août, la maturation des raisins de Muscadet s’est poursuivie positivement. Le ban des vendanges a été déclaré le mardi 23 août. Le millésime s’annonce exceptionnel.

Les années se suivent mais se ressemblent de moins en moins. Les aléas climatiques devenus chroniques bouleversent tous les points de référence dans les récoltes du melon de Bourgogne, le cépage du Muscadet. « Il faut malheureusement s’habituer à ces variations croissantes de récolte. L’objectif pour nous est de toujours veiller à la qualité des vins et à la régularité de l’approvisionnement du marché pour permettre une valorisation croissante» déclare le président de la Fédération des Vins de Nantes, Christian Gauthier, vigneron à Saint-Hilaire de Clisson.

Vendanges précoces

Le ban des vendanges, un des plus précoces avec 2003, l’année de la première grande canicule, autorise les vignerons à récolter. Cette année, le mardi 23 août sonne donc le départ d’une période stratégique de trois semaines où se précise la qualité du millésime – trois semaines plus tôt qu’en 2021, le 15 septembre. Outre le Muscadet les autres appellations de Nantes comme le Coteaux d’Ancennis Malvoisie et le Gros Plant du Pays Nantais.

Au panthéon du Muscadet

Après un hiver quasi normal, alternant les phases de froid et de pluie, le début du printemps a encore secoué les vignes avec quatre nuits de gelées enregistrées du 1er au 4 avril 2022, amputant la récolte potentielle de 20 à 30%, en dépit des moyens de lutte déployés par les vignerons. Ils avaient déjà été frappés en 2016, 2017, 2019, 2020 et 2021 ! La suite de la saison s’est passée dans de relativement bonnes conditions pour la floraison en juin. Mais ensuite les vignes ont subi une vague de sécheresse exceptionnelle avec des températures caniculaires et un vent régulier venant de l’est (et donc moins humide que d’habitude). Ces conditions ont accéléré la maturation du raisin tout en assurant un état sanitaire excellent. En août, les vignerons attendaient avec impatience un peu de pluie et elle est venue finalement au milieu du mois, offrant entre 20 et 30 mm d’eau selon les secteurs. Cette pluie a permis d’atteindre un équilibre idéal entre le sucre du raisin (alcool potentiel) et l’acidité. Les professionnels de Nantes affirment que le millésime entrera au panthéon du Muscadet, au même titre que 1976 ou 2003.

Volume réduits

Pour Pascal Guilbaud, vigneron à Gorges, la maturité n’est pas encore là en raison des à-coups de sécheresse qui l’ont ralentie. De plus ses vignes ne sont pas dans des secteurs précoces. « Les conditions de l’été sont proches de celles de 2003. La récolte sera relativement hétérogène en termes de volume et de qualité, en fonction de l’âge des vignes, de la nature des sols et bien sûr selon que les parcelles ont été plus ou moins affectées par le gel printanier » déclare-t-il en se réjouissant d’une récolte parfaitement saine. Comme beaucoup de vignerons, il regrette les volumes diminués par le gel. Chez lui, ce sera toujours mieux que la demi-récolte de 2021. Les 450 vignerons répartis sur les 6 500 hectares de l’appellation Muscadet estiment, à ce stade, une récolte autour 250 000 HL, bien loin encore des rendements de l’AOC, mais proche d’une année de commercialisation. Nettement mieux que les 145 000 hl de l’année dernière.

Pour les amateurs à La Frémoire

Pendant que les vignerons récoltent, les amateurs peuvent continuer de déguster. L’Opération « Un homard à La Frémoire » se poursuit dans le parc du château de la Frémoire, en collaboration avec « Le Voyage à Nantes », aux portes de Vertou. Un bar à vin fourni, une cuisine savoureuse élaborée par le chef nantais Jean-Camille Gobet, des chaises longues et les calmes rives de la Sèvre Nantaise offrent découverte et gourmandise (presque) tous les jours jusqu’au 25 septembre.