(Photo P. Martinez)
(Photo P. Martinez)

Robert Ghigo, propriétaire de Château Peigros en Côtes-de-Provence Pierrefeu et du Château Vert en Côtes-de-Provence La Londe, est en travaux perpétuels sur ses deux propriétés mais œuvre également depuis l’été dernier pour promouvoir l’appellation Pierrefeu en tant que président de l’association des vignerons. Il participe depuis trois ans à Vinisud.

Robert Ghigo a racheté en 2010 le château Peigros à Pierrefeu puis le château Vert à Lalonde. Le « jeune » vigneron qui a toujours vécu en ville où il a d’abord fait une carrière de gérontologue vient d’une famille de paysans et a souvent fait les vendanges en famille dans le Haut Var. Quand il s’est décidé à racheter des vignes, « c’était avec beaucoup d’inconscience, reconnaît-il lui même. À Pierrefeu, il a fallu arraché 40% du domaine, mal entretenu avec plus d’un tiers de manquants et des installations désuètes. Sur une trentaine d’hectares, on en a replanté 19 en rolle, syrah, cinsault, grenache, sémillon et ugni blanc et racheté des parcelles à 220-230 m d’altitude à la Règue des Bottes, 15 ha d’un seul tenant réaménagés en terrasses et replantés avec du mourvèdre ». Tout est en Côtes-de-Provence et dans les collines en appellation régionale Pierrefeu. Robert Ghigo va investir à Peigros dans une cave avec un chai à barriques dont les travaux vont bientôt commencer et qui devrait être opérationnelle pour les prochaines vendanges. « Depuis que j’ai acheté les deux propriétés, nous sommes en travaux perpétuels ». À Château Vert (45 ha dont une trentaine plantés), l’irrigation au goutte à goutte vient d’être installée sur les 27 ha ainsi qu’un chai de stockage de 1500 m2 pour les tiré-bouchés de rouges, une nouvelle cuvette, une chaîne de froid et un chai à barriques ». Robert Ghigo va également déboiser dans les 5 ans plus de 18 ha rachetés à 500 m de Château Vert pour replanter à hauteur d’environ 3 ha par an, grenache, cinsault, syrah, rolle, peut être quelques mourvèdres et davantage de caladoc, cépage résistant actuellement à l’essai « et qui pourrait être le cépage de l’avenir ». Le néo-vigneron s’est rapidement converti en bio, « une démarche qui n’était pas une évidence mais comme j’ai toujours été très soucieux de l’environnement, c’était inévitable ».

Doubler les volumes de Pierrefeu

Et toujours avec cette petite touche d’inconscience, Robert Ghigo est même devenu le président de l’association des vignerons de Pierrefeu qui va fêter en 2018 ses 10 ans d’existence. « Avec 27 adhérents dont ‘seulement’ 14 revendiquent la dénomination régionale de Côtes de Provence soit 4700 hl en 2017, l’objectif est clairement de doubler ces volumes d’ici cinq ans. Nous travaillons également avec l’Inao à faciliter l’organisation d’un socle commun pour les dénominations régionales en obtenant un calcul du rendement à la propriété et non pas à l’hectare, avec une traçabilité bien sûr. Car actuellement la bonne santé des rosés en côtes de Provence qui se vendent très bien n’incite pas à déclarer des rouges en Pierrefeu à défaut d’une valorisation suffisante mais nous avons les terroirs pour ça! ».
Autre chantier en cours, la mise en place de l’irrigation sur l’appellation dans le cadre d’une convention qui vient d’être signée avec le Canal de Provence et l’aide de la Région. Une étude est en cours pour déterminer la quote-part qui reviendrait aux vignerons et qui devrait s’élever à 4000€/ha. De quoi souffler les bougies avec optimisme entre deux séances de travail.