(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Marie-Francoise Devichi (prononcez Devighi) participait pour la première fois à Vinisud pour faire connaître sa marque “Mlle D” et pour trouver des débouchés hors de Corse.

Maria Francesca ou Marie-Françoise – « comme vous voulez mais surtout pas Marie-France » Devichi participait pour la première fois à Vinisud sur le stand collectif des vins corses, histoire de faire connaître Mlle D. La vigneronne de Patrimonio a d’abord communiqué sur le nom de sa marque, créée il y a cinq ans sur les réseaux sociaux, « parce que Devichi est difficilement prononçable hors de Corse, reconnaît-elle avec un grand sourire. Et puis Mlle D, ça fait plus moderne et ça correspond bien à mes vins et à leur packaging contemporains ». La gamme qui s’est largement développé depuis, comprend six vins en Patrimonio (deux par couleur), trois muscats, et deux vins de liqueur.

Des muscats pour le plaisir, des rouges pour l’image

Marie-Françoise a suivi des études de médecine pour finalement revenir en 2002 s’occuper de la propriété familiale à la mort de sa mère. À la faillite de la coopérative, elle s’est installée en cave particulière à Barbaggio, entre Bastia et Saint-Florent, et s’est émancipée doucement de son père Jacques qui a longtemps gardé la main sur le vignoble et qui continue à lui donner un coup de main. Elle a choisi de travailler sans intrant chimique et s’est vite passionnée pour les vinifs, notamment celles des muscats devenue l’une des spécialités de Marie-Françoise (goûtez son muscat du cap corse petits grains Fruttu di Sole qui passe 36 mois en cuves et le dernier né, Le Pétillant, particulièrement réussi sur le fruit et la fraicheur). « Mais l’image d’un domaine corse ne peut pas se construire sur ce vin, regrette la jeune vigneronne. Je produis autant de rouges que de muscats mais je communique plutôt sur les premiers. Sur une quarantaine d’hectares d’un seul tenant, majoritairement en muscat petits grains dans les années 90, j’ai donc replanté du niellucciu sur une douzaine d’hectares et du vermentinu ». C’est également du vermentinu qui va être replanté sur les 2 ha emportés par les inondations de novembre 2016, pour développer les blancs. « Mais il faut d’abord déblayer les cailloux et les troncs d’arbre qui ont envahi la parcelle et arraché la vigne. On a sorti 50 m2 de rochers et l’indemnisation en catastrophe naturelle paye à peine le prix des plans ; je vais donc prendre mon temps ».

L’an prochain, elle aimerait dédier quelques rangs à de vieux cépages indigènes comme le bianco gentile, le genovese, le minustellu, le carcajolo nero… « pour le plaisir de faire des essais de vinification ». Elle rêve également d’une nouvelle cave dans les vignes pour multiplier les cuvées parcellaires et de nouveaux élevages. En attendant, Mlle D, bien connue des touristes et des restaurateurs locaux, cherche de nouveaux débouchés sur le continent ou à l’export.