Alors que la consommation mondiale et hexagonale de rosé ne cesse de progresser, le Beaujolais affiche clairement ses ambitions en la matière sur le salon.

Impossible de le rater. Sur l’immense stand de l’Interprofession des vins du Beaujolais, des ballons roses, un mur plein de bouteilles présentant un camaïeu de roses et une table dressée qui jouent parfaitement leur rôle. Attirer l’attention sur les vins rosés du Beaujolais. Et après une revue des producteurs présents, force est de constater qu’une proportion non négligeable d’entre eux propose une cuvée de rosé. Relativement anecdotique il y a encore une quinzaine d’années, la production de vins rosés dans le Beaujolais connaît un essor et les ambitions affichées sont élevées. « En 2019, 3 millions de bouteilles ont été produites et l’objectif est de parvenir à 10 millions de bouteilles d’ici 5 à 7 ans » explique l’interprofession.

Répondre aux attentes des consommateurs

Un sondage réalisé par IPSOS l’an passé a montré que les consommateurs de vin étaient près d’1 sur 2 à consommer du rosé. Ce dernier n’est plus cantonné à son rôle rafraîchissant pendant l’été. Il est entré durablement dans les foyers et est apprécié à toutes les saisons. Jusqu’à présent, les rosés de Provence ont très largement dominé l’offre. Mais les amateurs ont été confrontés à une augmentation progressive des prix. Leur intérêt se porte donc désormais plus facilement qu’auparavant vers d’autres régions proposant des rosés de qualité à des prix attractifs.

C’est là que le Beaujolais a une vraie carte à jouer. Son cépage identitaire le gamay répond parfaitement aux besoins du marché avec des notes fruitées intenses et élégantes. Généralement obtenu par pressurage direct pour avoir une couleur relativement claire, il est doté d’une trame tannique souple qui lui donne généralement une structure intéressante. Produit uniquement dans les appellations Beaujolais et Beaujolais-villages, son prix se situe la plupart du temps autour de 7€ à l’image du Beaujolais-villages rosé 2019 du domaine des Terres Vivantes (7€). Un très bel exemple de rosé bio aux notes florales (iris) et bien fruitées (fruits rouges évoluant sur la litchi et la grenade), doté d’une densité de bouche qui en font un allié pour la table. On pourrait citer également la cuvée Joséphine (7,5€) du château de Bluizard, aromatique et fraîche, la gourmandise de la cuvée “Air de rosé” du château des Ravatys (propriété de l’Institut Pasteur à qui sont versés les bénéfices) ou bien encore le rosé très équilibré de P. Ferrand & Fils, un domaine pionnier qui en produit depuis 30 ans. Une tendance de fond à suivre de près car elle devrait s’inscrire durablement dans la région. Ce relais de croissance pour les producteurs va en outre permettre de donner au Beaujolais une image modernisée et dynamique.