(photo M. Boudot)
(photo M. Boudot)

Les dernières données de l’Observatoire mondial du rosé confirment de nouveaux records de consommation et de production du rosé. La Provence entend multiplier les actions pour maintenir son leadership sur la couleur.

La consommation a encore fait un bond de 8% en 2018, s’établissant à 25,6 millions d’hectolitres (soit 11,2% des vins tranquilles) contre 18,3 millions en 2002, date de création de cet outil piloté conjointement par le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence et FranceAgriMer*. La France reste leader de la consommation avec 34% du total suivie des Etats-Unis (20%). Ils affichent en 2018 une hausse spectaculaire de 43%, en particulier dans le off-trade qui accapare 80% de la consommation. Mais celle-ci ne dépasse pas encore les 2 litres par an et par habitant, ce qui laisse augurer d’un joli potentiel. En France, grand champion de la catégorie, ce chiffre atteint 16 l./an/habitant devant… l’Uruguay avec 0,7 litres, les autres marchés du top 10 étant européens. A eux seuls, les marchés français et américain pèsent 95% de l’évolution et plus de la moitié du marché. En Afrique du Sud, en Grande-Bretagne, en Scandinavie, on boit également de plus en plus de rosé, contrairement à l’Allemagne, l’Italie, et surtout l’Espagne en spectaculaire recul depuis 2002 (-70%).

Une belle remontée de la production

Record également de production en 2018 avec 26,4 millions d’hectolitres (+31% en un an) contre 20,1 en 2002. La part du rosé n’a jamais été aussi élevée, frisant même les 22% pour la France et pour les Etats-Unis. Après de fortes disparités de millésimes, la France affiche une belle remontée faisant un bond en un an de 5,5 à 7,5 millions d’hectolitres mais les Etats-Unis peuvent également se targuer d’une production historique à 5 millions. Également à la hausse, l’Afrique du sud et l’Italie, producteurs historiques, mais également l’Afrique du sud, l’Autriche, la Hongrie, la Moldavie, la Roumanie, la Suisse, le Chili… Le classement de tête reste néanmoins inchangé avec sur le podium, France, Etats-Unis et Espagne, pesant à eux-seuls près des deux tiers de la production mondiale. Si le marché reste tendu (la production ne couvrait pas la demande en 2017 de par une faible récolte globale), le solde production/consommation est repassé dans le positif en 2018 pour la première fois depuis quatre ans.
40% des rosés consommés dans le monde sont désormais importés soit 10,9 millions d’hectolitres, principalement en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Car si la France est le premier producteur, elle est aussi le principal consommateur et donc le premier importateur avec un quart des importations mondiales. Côté exportations, passées de 7,6 à 10,6 millions d’hectolitres en 16 ans (+39%), l’Espagne tire le marché en volume notamment de vrac et entrées de gamme, la France reste locomotive en valeur et l’Italie maintient une belle dynamique et surtout accompagnée d’une montée en gamme.

Explorer de nouveaux potentiels et diversifier les marchés

Les pays de l’Hémisphère Sud et du sud de l’Europe sont donc des exportateurs de rosé, ceux du Nord plutôt importateurs. Mais la conclusion indéniable est une poursuite de la croissance de la consommation mondiale, “ce qui tend à prouver, si besoin était que le rosé n’est plus une mode mais une tendance structurelle, insiste Brice Eymard, le directeur des vins de Provence. Certes, le marché est concentré en tête mais les marchés émergents sont nombreux et l’offre reste plutôt inférieure à la demande. Au delà des conjonctures actuelles américaines et asiatiques, de la baisse régulière de consommation globale de vin en France, la Provence qui reste la référence sur la couleur doit se donner les moyens de conforter ses atouts face à une concurrence accrue”. Aujourd’hui la Provence exporte à 37% dont près d’une bouteille sur deux aux Etats-Unis, et commercialise le reste à 26% en GD, 37% sur le secteur traditionnel et dans les caveaux. “Nous devons rester légitime et ne pas descendre sur le marché français sous la barre des 60% confirme le président Jean-Jacques Bréban. Faute de quoi, nous risquons de continuer à perdre des parts de marché au profit des IGP Méditerranée ou du Languedoc. Mais il faut aussi regarder ailleurs, plutôt vers l’Asie pour diversifier les marchés. La Chine est encore à consommation rouge mais nous devons explorer les potentiels en Asie du Sud-Est, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande…”

L’interprofession qui a dopé l’an dernier son budget à 1,7 million d’euros avec une hausse de cotisations de 25% a d’ailleurs lancé un programme d’actions musclé avec de nombreux événements et masterclasses en Asie à destination des prescripteurs de ces pays. “On a mis 20 ans à être réellement présent à l’export, il ne faut pas lâcher”, conclut Jean-Jacques Bréban. Air Provence, le nouveau salon bicéphale des Côtes-de-Provence, en avril prochain, côté mer et côté terre, devrait d’ailleurs accueillir de nombreux visiteurs étrangers amoureux de la Provence et curieux de goûter le millésime tout en visitant les domaines et en s’imprégnant de l’art de vivre à la provençale.

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