Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

La Maison Henri Abelé, fondée en 1757, a choisi de souffler ses 250 bougies avec une édition limitée du millésime 2007, année du renouveau.

2007, l’année de l’arrivée du nouveau chef de caves, Franck Nicaise, et l’année de la construction de la nouvelle cuverie à Reims avec un parc important de petites cuves pour une vinification sur mesure par cru et par terroir. Les 250 ans seront donc fêtés avec ce millésime en édition limitée dans une bouteille sleevée de blanc et bleu nuit, façon toile de Jouy (environ 40 €). L’assemblage de 60% chardonnays, issus de la Côte des Blancs, et 40% de pinots noirs de la Montagne de Reims, dosé à 7 g comme tous les millésimes de la maison (plutôt 9 sur le brut sans année), développe de jolis arômes de brioche et de fruits jaunes sur une structure épicée. La maison qui a appartenu à la famille Abelé jusqu’au lendemain de la deuxième guerre mondiale a souvent changé de propriétaire avant d’être racheté en 1987 par le groupe de cava espagnol Freixenet, effervescence oblige. « C’était une volonté affirmée depuis longtemps du président, Pedro Bonnet, un amoureux du champagne, d’acheter une maison dans ce vignoble, raconte Maria Garcia qui dirige les champagnes Abelé depuis quelques mois. Mais le vrai changement de style de la maison, autonome dans le groupe, date de l’arrivée de Franck Nicaise ».

Davantage de chardonnay

A partir d’une cinquantaine d’hectares, il élabore environ 500 000 bouteilles par an aux assemblages tardifs, pas avant avril. Les millésimes sont même embouteillés 15 à 16 mois après la vendange avec un plus long vieillissement en cave, jusqu’à 6 à 10 ans pour les cuvées de prestige. « J’ai privilégié le chardonnay pour obtenir davantage de fraicheur, un peu au détriment du pinot meunier qui n’a pas fait partie des 7 derniers millésimes mais parce que je pensais que ces années ne s’y prêtaient pas. Il peut parfois apporter du fruit et il devrait revenir dans les champagnes de 2015 qui sera une grande année pour les noirs ».