En complément du dossier Primeurs du magazine Terre de Vins, en kiosque depuis le 18 mai, voici une sélection, exclusive pour notre site web, de vins du millésime 2021 dégustés par notre rédaction et que nous recommandons.

FRANCS-CÔTES-DE-BORDEAUX

Château Marsau
Dès le premier nez, le ton est donné : précision, fraicheur, éclat de fruit, touche florale, battle de tendresse entre fraise des bois et pivoine. On devine une grande délicatesse et du caractère dans ce vin. La bouche nous le confirme : aérienne et énergique, elle est bâtie sur une matière en souplesse, à la juste concentration, portée par des tannins d’une très grande finesse, presque évanescents, et une très belle fraicheur qui soutient l’ensemble, jusqu’à la finale très savoureuse, juteuse et désaltérante, rehaussée d’une touche légèrement poivrée. C’est une superbe interprétation du millésime.
93-94

Château La Prade
Belle densité de nez, sur une certaine jutosité profonde. Davantage de volume de bouche, belle mâche pleine et séveuse, marquée par un joli tissu tannique, un toucher de bouche tweed, finement grenu, une acidité saillante qui tient le vin, et l’élance, jusqu’à une finale salivante et de très jolis amers en finale. Léger végétal noble et fraicheur réglissée sur la conclusion.
91-92

Château Puygueraud
Nez floral, petit fruit noir croquant, sur la fraîcheur. On a une bonne concentration sapide, bien centrée sur une bille de fruit acidulée et juteuse. Un très joli équilibre porté par une fine arête acide, une trame tannique signée par un grain roulant, l’ensemble se révélant digeste, fin et élancé. Pointe zestée en finale.
90-91

Château Puygueraud – blanc
Premier nez sur un un léger fumé et une touche minérale. On a un côté pierre à fusil qui se distingue. Jolie bouche délicate, fine, florale. Un fruit blanc à point, bien dessiné, s’articule autour d’une belle acidité tonique sans morsure ni accroc, une fine touche saline, et une aromatique très fraiche qui donne un vin au profil très digeste.
91-92

Château Les Charmes Godard – blanc
Nez séducteur et élégant, sur une belle personnalité aromatique, un fruit blanc frais et plein, d’une jolie densité. Une fine touche de fleur d’acacia, délicate et expressive (65% sémillon). Bouche à la chair juteuse et onctueuse, tonique, sur un toucher finement cristallisé. La matière est presque tannique dans la texture, fine et traçante. Un beau Charmes-Godard.
92-93

Château Haut Ventenac
L’Autrement

Une touche acidulée sur un fruit mordant, au pep’s très affirmé, se discerne, avec une acidité un peu mordante. Bouche bien balancée, sur une bonne crémosité, des arômes un peu fermentaires en fin de bouche qui traduisent son côtésans soufre ajouté. La matière est assez souple et charnue, digeste, à défaut d’une grande complexité.
86-87

Château Haut Ventenac
L’Authentique

On revient sur un style plus classique, ne serait-ce qu’au nez, avec cet Authentique qui reste sur la réserve sur le plan aromatique, fruit contenu, expression minimaliste. La bouche est mordante, campée sur un fruit très croquant, au profil acidulé assez marqué, avec des tannins un peu griffus. Bonne allonge néanmoins et finale sans accroc.
88-89

CASTILLON-CÔTES-DE-BORDEAUX

Château Alcée
Nez d’une intéressante densité, rehaussée par une séduisante floralité. Bon volume de bouche, caressant, sphérique et tenu par une jolie définition tannique finement travaillée. La trame acide se déroule en sous-couche, fraîche, tendue, signée par de fins amers. Bel équilibre, un peu sanguin et mordant, épicé, conclu par une touche crayeuse en finale.
91-92

Clos Puy Arnaud
Un peu sur la réduction au stade de la dégustation en Primeurs, le vin décline une palette de baies rouges et bleues, un peu sauvages, soulignées d’une touche de ronce. La bouche est droite et saillante, très élancée, construite sur l’arête acide mais dotée d’une chair al dente, s’appuyant sur la personnalité de ses cabernets (50 % franc, 5 % sauvignon). Finale désaltérante.
90-91

Château Montlandrie
Une jolie élégance d’emblée, un profil vertical qui traduit le terroir du Castillonais. L’aromatique est concentrée mais en légèreté. La bouche est fuselée, arquée sur une silhouette en hauteur, crayeuse, très tactile. En bouche, la matière est juste à point, juteuse mais sans débordement de chair. La finale est salivante et surtout très aromatique. Très digeste, on a déjà envie d’en boire.
92-93

Château Joanin-Bécot
Poursuivant sa montée en précision et esquivant les écueils du millésime, Joanin Bécot s’illustre par un très joli éclat de fruit, une fraîcheur aromatique qui se confirme en bouche : son profil résolument pulpeux, croquant et dynamique, se construit sur un gras harmonieux et une acidité tonique qui donne du ressort à l’ensemble.
93-94

Château La Brande
Remarquable pureté et précision du nez, tout est en place. Concentration, fraîcheur et allant, c’est un castillon qui a de solides arguments pour lui. Sa bouche bien droite, à la mâche sérieuse et au tracé tannique bien ciselé, présente beaucoup de fond et un beau potentiel d’évolution. C’est traçant et long, très finement ajusté. Bravo.
92-93

Château d’Aiguilhe
On devine d’emblée une tension très invitante sous le fruit, qui laisse envisager une certaine minéralité. La bouche est droite, saignante, bien articulée sur une bonne acidité et un dessin tannique crayeux, dynamique et salivant. Une très jolie énergie pour un vin à la texture affirmée.
92-93

Château Manoir du Gravoux
Cuvée La Violette

Joli nez assez profond, élancé et minéral. Tonicité, énergie, côté pierre chaude qui s’exprime sur une mûre légèrement confite. Bouche bien tendue, assez ciselée, sur une chair juteuse, séveuse, sanguine, un côté calcaire dans le toucher de bouche, qui donne une salinité, un profil vibrant et des amers zestés en finale. Une très jolie surprise du millésime.
91-92

Château La Croix Lartigue
Nez assez pulpeux, sur la profondeur, avec un joli confituré de baie noire, un côté immédiatement crémeux et onctueux. Ici le vin est signé sur la fraicheur, détendu et élancé, avec une légère sveltesse en milieu de bouche, un dessin tannique finement calcaire et une touche légèrement acidulée en finale.
90-91

La Croix Lartigue
Nez assez pulpeux, sur la profondeur, avec un joli confituré de baie noire, un côté immédiatement crémeux et onctueux. Ici le vin est signé sur la fraicheur, détendu et élancé, avec une légère sveltesse en milieu de bouche, un dessin tannique finement calcaire et une touche légèrement acidulée en finale.
90-91

Château Veyry
Joli nez frais et élancé, porté par un fruit net, précis et une touche de minéralité. Un léger fumé se discerne, une touche atramentaire, il y a du fond. Joli dessin de bouche délicat et précis, bien ciselé, sur une chair ferme et charnue, très bien équilibrée. Très belle définition de tannins, sans la moindre aspérité. L’acidité prend ici un relief crayeux et tonique, très salivant – la finale convoque des notes d’orange sanguine. C’est un joli vin qui sera agréable à boire rapidement.
90-91

Château Cap de Faugères
On est surpris de trouver un nez sur une certaine exubérance voire même une touche alcooleuse. La cerise confite est très présente, avec une note de menthe fraiche. La bouche est assez puissante pour le millésime, un peu déséquilibrée à ce stade entre une certaine intensité aromatique, un alcool assez marqué et des tannins un peu prégnants. L’ensemble a un joli potentiel mais demande à s’assagir.
88-90

Château d’Arce
Nez fuselé et floral, bonne tension énergique. Un parfum calme et ample qui se diffuse, sur une note de fruit noir un peu confit, ourlé d’épices. On discerne un léger végétal noble, une touche un peu racinaire et noyau de cerise. Jolie trame traçante et crayeuse des tannins, jus digeste et souple, un joli dessin sapide irisé par une bonne acidité un peu mordante. Amers prononcés en finale, boisé légèrement astringent à ce stade. Bien digeste néanmoins.
90-91

Château Côte Montpezat
Cuvée Compostelle

Un certain croquant se profile, fruit frais un peu zesté, touche terrienne, un peu de boisé sous-jacent encore marquant. La bouche est plaisante, cintrée et centrée, construite sur la longueur et l’allonge, avec une chair juste à point, une arête acide bien contenue et des tannins présents, sans excès. L’ensemble se déroule bien, dans un certain classicisme sans aspérité, sans folie non plus. Touche d’austérité sur la finale.
89-90

Château Roquevieille
On aime tout de suite le côté plongeant de ce vin enraciné, qui convoque une certaine minéralité et une jolie pureté aromatique dès le premier nez. Très construit sur sa minéralité, le charnu se déroule en fraicheur, l’étoffe soyeuse de la matière se complétant de tannins finement granuleux. On a de la longueur, de la persistance, du zeste et de l’énergie. C’est très réussi.
91-92

BLAYE-CÔTES-DE-BORDEAUX

Château Belle Colline
Nez un peu retenu, sur une forme d’austérité du fruit, légèrement teinté de végétal.
On a un côté très menthol d’entrée, branche d’arbre, note noyau, un végétal un poil herbacé qui s’exprime tout de suite sous le fruit. Le bois n’est pas encore intégré et demande à se fondre. La bouche, assez svelte, s’étire sur une trame acidulée.
87-88

Château Gigault
Une forme d’intensité alcooleuse se dessine, entre prune et pruneau eau de vie, épices. Une touche de réglisse et d’encens à l’aération.
Bouche fluide et souple, la matière n’est pas débordante mais la mâche est souple et fraiche, escortée de tannins légèrement granuleux. On a un caractère digeste et fondu qui va bien au millésime, sans une énorme matière mais bien centrée, avec un côté délié sur la finale.
88-89

SAINTE-FOY-CÔTES-DE-BORDEAUX

Château Hostens-Picant
Nez très fruit écrasé, confiture de fraise, cerise à noyau voire eau de vie. Attaque sur la crémosité, avec une forme d’onctuosité assez gourmande en bouche. Bonne trame tannique assez fondue, on est sur une forme de richesse et de plénitude en milieu de bouche (intégration de Lucullus dans le premier vin). Bien accompli.
90-91

CÔTES-DE-BOURG

Château Fougas
Un nez classique qui déroule du cuir, du floral mauve, du fruit bleu et noir, des touches délicates de fruit confit et de gelée de mûre. La bouche est sur la souplesse, très caressante et un peu déliée, sans aucune aspérité tannique ni acidité mordante. Tout se déroule en tendreté, pour un vin à la séduisante rusticité.
88-89

Domaine de Cambes
Joli fruit rouge et noir subtilement fumé, porté par un élevage de juste précision. Le toasté s’exprime encore mais de façon gracieuse, soulignant la densité du fruit. On devine de très fines notes viandées. La matière est fine et juteuse, centrée, sur un fruit savoureux, délié, gourmand, escorté de tanins finement brossés et d’une arête acide en retrait. On est sur un registre sensuel, gourmand, facile dans le bon sens du terme. Une agréable finale de cerise confite ponctue l’ensemble.
90-91 (Roc de Cambes a obtenu la note de 94 dans le magazine)

Le n°77 de Terre de Vins « spécial Primeurs » est depuis le 18 mai 2022 dans les kiosques.