Roman Guibert et Renaud de la Vaissière,  Mas de Daumas Gassac.
Roman Guibert et Renaud de la Vaissière, Mas de Daumas Gassac.

Ils étaient seize, seize « grands invités » venus représenter à Bordeaux Tasting les vignobles alsacien, rhodanien, cadurcien, languedocien, armagnacais, ligérien, provençal… Seize domaines qui ont capté la curiosité des visiteurs de cette cinquième édition. Prises de paroles.

Château Romanin, Baux-de-Provence
Franck Breau, directeur d’exploitation de ce beau domaine provençal racheté il y a dix ans par Anne-Marie et Jean-Louis Charmolüe, est aux anges : « hier on s’est fait bien bouger, il y avait une forte affluence, aujourd’hui c’est plus fluide. C’est un plaisir d’être ici pour faire découvrir nos vins au public bordelais ». Franck Breau et son chef de cave Eduardo Pincheira font déguster – en magnum s’il vous plaît – trois cuvées du domaine. Le Blanc de Romanin 2015 en IGP Alpilles, 85% rolle 15% roussanne, élevé intégralement en cuve, est un beau blanc de Provence comme on l’aime, bien équilibré entre le gras et la tension, porté par une belle fraîcheur. La roussanne, qui est venue remplacer l’ugni blanc initialement planté sur la propriété, sera prochainement rejointe par la clairette et le grenache blanc, ce qui permettra au blanc de passer en AOC Baux-de-Provence. En rouge, La Chapelle 2014 est le second vin de la propriété, assemblage dominant syrah-grenache, complété par 15% de cabernet et autant de mourvèdre : un joli fruit croquant, charmeur, très friand. La grande cuvée du domaine est présentée sous le millésime 2009 : « on a des stocks, ce qui nous permet de commercialiser des millésimes qu’on estime prêts à boire. On a d’abord mis en marché le 2010, aujourd’hui on vend le 2008 et le 2009. Dominante de ssyrah et mourvèdre, avec un complément de cabernet et grenache pour ce vin élevé 18 mois, principalement en foudres de 45 hectolitres. Nez de garrigue, de thym et de pierre chauffée, une bouche pleine aux saveurs d’olive noire, une matière dense, de la fraîcheur et des épices. Un millésime solaire pour un vin bien équilibré.
www.chateauromanin.com

Mas de Daumas Gassac, Languedoc
Roman Guibert est un habitué des lieux, un fidèle de Bordeaux Tasting : il sait bien que le samedi se révèle souvent « sportif » et le dimanche, plus paisible. C’était donc le bon jour pour lui rendre visite sur le stand du Mas de Daumas Gassac, star du Languedoc dont on pouvait déguster le Blanc (petit manseng, viognier, chardonnay, chenin) en 2015 et en 2016 pris sur cuve. Un 2015 gras, opulent, et un 2016 qui se profile déjà plus citronné, tendu, salin, aiguisé. En rouge, les amateurs pouvaient déguster le 2013, grand millésime en Languedoc présentant un superbe potentiel de garde, avec beaucoup d’intensité, de race et de fraîcheur, et un 2012 plus accessible dans l’immédiat, jolie palette de fruits mûrs très enveloppants. Avec son assemblage atypique pour le Languedoc (70% cabernet sauvignon, complété de cabernet franc, merlot, malbec, tannat…), Mas de Daumas Gassac cultive son profil singulier, tel que l’a imaginé son fondateur Aimé Guibert, décédé il y a six mois. Son fis Roman – au côté de ses frères – perpétue l’aventure familiale avec talent.
www.daumas-gassac.com

Vignobles Georges Vigouroux, Cahors
Dans un vignoble cadurcien en pleine renaissance, la maison Vigouroux fait office d’institution vénérable. Nicolas Gil, « Malbec Expert France », faisait déguster aujourd’hui trois cuvées sur le millésime 2014, présentant la diversité des terroirs de Cahors. Le Château de Mercuès (24 ha en vignobles de graves en plaine, 85% malbec, 15% merlot, 16 €) est un vin accessible, plutôt consensuel dans son style, assez concentré sur le fruit noir, la purée de cerise noire. La Château Haute-Serre, issu d’un terroir de 60 hectares plus emblématique de Cahors (calcaire kimméridgien) se révèle plus droit, tendu, aiguisé, avec un fruit rouge acidulé, des épices, une jolie fraîcheur en finale (85% malbec 15% merlot, 9 mois d’élevage, 17 €). Enfin, la cuvée Géron Dadine de Haute-Serre, issue d’un même terroir kimméridgien mais versant sud et sur 2, 7 hectares, est un parcellaire 100% malbec élevé 18 mois en barriques. Ici, on a encore beaucoup de jeunesse, un élevage trop prégnant à ce stade mais un joli potentiel de garde, concentration, densité, poivre, eucalyptus, un profil sanguin (29 €).
g-vigouroux.fr