Des maisons de cognac continuent de se diversifier dans d’autres alcools. Au menu, des rhums Moko, des gins Osmoz et du whisky Bache-Gabrielsen !

C’est par sa réputation de maîtriser l’art de la distillation que le milliardaire Sidney Frank avait mis le doigt sur la région de Cognac pour faire sa vodka. C’était en 1997 et la Grey Goose rencontre toujours un succès planétaire. C’était culotté de venir bousculer les codes de la douce campagne charentaise.

Pulque mescal y tequila

Le groupe Bacardi Limited, devenu propriétaire de cette vodka française, s’amuse de cette audace en mettant en scène le maître de chai François Thibault dans un clip « révolutionnaire », The Story of Grey Goose (voir ici). Depuis cette réussite, de l’eau-de-vie a coulé sous les ponts du fleuve Charente avec l’apparition de différents alcools comme la Cachaça Leblon – créée par la distillerie Merlet et rachetée par Bacardi – ou les créations à succès de Jean-Sébastien Robicquet, la vodka Cîroc (distribuée par Diageo), le gin G’Vine, l’Excellia Tequila, etc. Car au pays du cognac, on s’adapte.

Si ça marche, on fonce, d’autant que les grandes maisons dominent largement le marché de l’eau-de-vie charentaise à commencer par Hennessy (plus de 50%). Ainsi, dans cette Spirit Valley, trois nouveautés viennent encore s’inviter sur les zincs du monde entier. La maison Peyrat relance les rhums Moko d’abord vieillis au Panama avant de finir dans des fûts de cognac pour leur donner une signature toute charentaise. La gamme comprend des 8, 15 et 20 ans d’âge dans l’idée de séduire les mixologistes comme les fumeurs de cigare.

Hemingway, Lawrence d’Arabie et Churchill

Le rhum a le vent en poupe tout comme le gin que le Château Montifaud – une prestigieuse maison de cognac basée en Petite Champagne, s’est décidé à élaborer. Avec Osmoz, Elodie et Laurent Vallet ne trahissent pas néanmoins leurs racines. « Entièrement élaborés et distillés à partir de raisins, ils sont avant tout fidèles à nos valeurs et notre appréciation des eaux-de-vie », préviennent-ils. C’est clair, net et aromatique. Le tilleul, la pomme, la réglisse, l’abricot, l’amande et le clou de girofle participent à l’exploration de ces nouveaux gins dans le but assumé de pénétrer le monde du cocktail. Les ombres d’Hemingway et de Lawrence d’Arabie planent sur le cognaçais ainsi que celle de Churchill avec le whisky de la maison Bache-Gabrielsen dont on connaît les talents du maître de chai Jean-Philippe Bergier. Une série limitée de 1500 flacons sortira en septembre ; un produit sur-mesure passé par des fûts en chêne américain qui ont contenu du cognac.

Non sans contradiction, c’est l’un des plus importants instigateurs de cette Spirit Valley, Jean-Sébastien Robicquet, qui fait désormais dans le cognac. L’art du contre-pied ! Sa Maison Villevert lance des Single Village (La Guilde) pour mettre en valeur un cru, un village et un distillateur. Encore des créations pour ne pas marcher sur les plates-bandes des grandes maisons. Oui, à Cognac, on s’adapte.