Aujourd’hui avait lieu à Bordeaux la traditionnelle présentation annuelle de la sélection des Crus Bourgeois du Médoc. 270 vins ont été retenus pour le millésime 2016. Un excellent tour d’horizon d’une année extrêmement qualitative à Bordeaux.

Quand tout le monde a le sourire, c’est plutôt bon signe. Ce matin au Palais de la Bourse de Bordeaux, il y avait de quoi. Quelque 270 propriétés présentaient aux professionnels leurs vins retenus dans la sélection annuelle des Crus Bourgeois du Médoc, pour le millésime 2016. Un millésime qui avait été très tôt annoncé comme l’un des tout meilleurs de ces 15 dernières années à Bordeaux : cela s’était confirmé à l’époque des primeurs, cela se vérifiait encore ce matin à la dégustation, bien que les vins aient pour la plupart été mis en bouteille cet été. Millésime à très fort potentiel, conjuguant puissance, structure et acidité, 2016 est une sorte de jackpot rêvé pour tout vigneron. Ce qui ressort pourtant de la dégustation, c’est que ces derniers ont su l’aborder avec humilité, sans trop appuyer sur la pédale (comprendre : des concentrations et extractions maîtrisées, des élevages en douceur), laissant le plus souvent s’exprimer le caractère du millésime.

Quelques réussites piochées ce matin : Château du Retout, Château de Clauzet, Château Bégadan, Château Charmail, Château La Tour de Mons, Châtau La Haye, Château Le Boscq, Château Lilian Ladouys, Château Cap Léon Veyrin, Château Reysson...

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Du sourire, donc. Du sourire sur le visage de celles et ceux qui faisaient déguster leur 2016, sur le visage des professionnels qui le (re)découvraient. Du sourire sur le visage d’Olivier Cuvelier, président de l’Alliance des Crus Bourgeois : « 2016 est un grand millésime bordelais, un grand millésime médocain. C’est mûr, avec de beaux tanins, de la densité, et surtout une incroyable énergie, une vibration. C’est selon moi le plus complet, le plus homogène de tous les grands millésimes récents. Nous avons parmi les Crus Bourgeois un excellent niveau d’ensemble, avec 270 vins retenus cette année (contre 271 retenus en 2015, NDLR). N’oublions pas que l’on déguste les vins peut-être au pire moment pour eux. La plupart ont été mis en bouteille il y a deux ou trois mois, c’est un millésime puissant, et pourtant on a déjà des vins précis, en place, avec des élevages discrets. Pour nous tous, ce 2016 est une aubaine, un millésime précieux pour continuer notre conquête commerciale de nouveaux territoires, en Asie, aux Etats-Unis… »

Du sourire, toujours, à l’approche des vendanges 2018. Si certains ont déjà donné les premiers coups de sécateurs, dans la plupart des propriétés on n’est pas encore entré dans le vif du sujet. De l’avis unanime, 2018 s’annonce sous les meilleurs auspices, l’été et l’arrière-saison ayant permis d’amener les raisins à belle maturité. On s’attend dans l’ensemble à un millésime plutôt solaire, sur lequel il faudra maitriser la puissance et l’alcool, mais qui devrait être gourmand. Seul bémol : les épisodes de grêle qui ont durement frappé certaines propriétés, handicapant gravement les volumes ; et la pression du mildiou qui a fini de tirer les rendements à la baisse. Les scenarii ne sont donc pas les mêmes d’un château à l’autre sur ce millésime. Mais ceux qui ont été épargnés, devraient faire de fort jolis vins.

Du sourire, enfin, à l’évocation du futur classement des Crus Bourgeois, dont le cahier des charges a été adopté et qui se met doucement en place. « On continue d’enregistrer les inscriptions », explique Olivier Cuvelier, « cela se termine le 30 septembre. Il y a pour l’instant un vrai engouement autour de ce classement. Nous respectons l’anonymat des candidatures et ne pouvons pas encore communiquer de chiffres, ni dire qui postule à un classement cru bourgeois, cru bourgeois supérieur ou cru bourgeois exceptionnel, mais les choses se mettent très bien en place. Rappelons que pour le premier classement en 2020 (et uniquement ce premier classement, révisable tous les cinq ans, NDLR), tous les châteaux qui ont obtenu au moins cinq fois la mention Crus Bourgeois entre 2008 et 2016 pourront intégrer directement le classement ».

Du sourire encore ? Ce sera pour le 25 octobre prochain à la Faïencerie, à Bordeaux. « Terre de Vins » y organisera une dégustation grand public avec les Crus Bourgeois du Médoc, histoire de rappeler que ces vins sont, par leur qualité et leur prix accessible, de très bonnes affaires pour les amateurs.