Le samedi 6 octobre avait lieu en Champagne la 5ème édition de l’opération « Villages et Coteaux propres », l’occasion pour Terre de Vins de faire un bilan avec Pierre-Emmanuel Taittinger, président du bureau de la mission Unesco « Coteaux, maisons et caves de Champagne ».

La Champagne est-elle une région viticole « propre » ?
Oui. En Champagne, nous faisons beaucoup d’efforts. Depuis l’inscription de ses paysages sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, il y a une réelle prise de conscience, élus et citoyens se mobilisent davantage mais globalement, on peut encore mieux faire. Lors de la précédente édition, en une matinée, nous avions ramassé 4 tonnes et demi de déchets qui jonchaient les bords de route, villages et coteaux. Nous avons aujourd’hui une véritable mission d’embellissement.

Quelle image de la Champagne cette opération envoie-t-elle au grand public selon vous ?
L’environnement est un sujet commun et nous devons toutes et tous à notre échelle faire des efforts. Si l’on veut continuer à faire briller le et la Champagne, et c’est ce que nous faisons grâce à la mission Unesco, nous devons nous réconcilier avec des sujets sensibles et montrer que la Champagne est belle, en mouvement et qu’elle est soucieuse de beauté et d’excellence.

Une journée d’action en Champagne mais pourquoi pas mondiale ?
Elle pourrait être faite partout et la propreté ne concerne pas uniquement les paysages viticoles. La France est un pays agricole qui a vu naître des usines de méthanisation, des éoliennes qui sont véritablement des verrues paysagères. Les paysages appartiennent à tous. Nous devons avoir une mission d’embellissement plus large.

Appelez-vous d’autres dirigeants de maison à participer à cette journée de sensibilisation ?
Oui et pas que, les maisons investissent des sommes colossales sur leurs domaines et modernisent leurs outils de production pour aller vers une Champagne responsable et engagée. Je crois davantage entre l’union des 3 forces qui font l’entité champenoise : maisons, vignerons et coopératives, cette force du collectif qui caractérise si bien notre modèle viticole.

Quel avenir donner à ce genre d’opération ? Faudrait-il davantage mobiliser ou à terme ne plus avoir besoin de se rassembler pour nettoyer ?
Je crois qu’il faut qu’elle se perpétue, grandisse…Elle doit rester une opération sympathique, conviviale, active comme un cochelet de fin de vendanges. Réconcilier les uns et les autres avec la nature avec pour seul but : embellir la Champagne.