(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Juste avant les vendanges qui commençaient cette semaine, Henri Ramonteu présentait les deux nouvelles cuvées du Domaine Cauhapé en Jurançon sec et moelleux.

Le domaine Cauhapé d’Henri Ramonteu, le plus gros domaine de l’appellation Jurançon, produit 5 cuvées de blancs secs qui représentent 65 % de ses volumes et 6 de moelleux (35%). Les vendanges viennent de commencer cette semaine, camaralet en tête qui sera suivi des mansengs, le petit d’abord car le cépage est très précoce. « Comparé à beaucoup d’autres vignobles cette année, on ne peut pas se plaindre, avoue Henri Ramonteu. Nous n’avons pas eu de gel, juste un coup de grêle le 14 juillet qui n’a pas fait trop de dégâts et il a plu suffisamment au printemps et fin août pour que nous n’ayons pas été menacés par la sécheresse comme l’an dernier malgré 4 à 5 pics à 34-36°C. Les vendanges n’ont jamais été aussi précoces ; il y a 30 ans, on vendangeait plutôt le 10 octobre que le 10 septembre même si aujourd’hui, on récolte aussi plus tôt pour gagner en fraicheur et en acidité ».

Deux nouvelles cuvées

Henri Ramonteu vient de lancer deux nouvelles cuvées, un jurançon sec baptisé Quatre Temps « pour l’empreinte des saisons » sur le millésime 2015, et un jurançon moelleux Boléro en 2016.
Le Quatre Temps va remplacer la cuvée Sève d’Automne avec le même assemblage moitié petit manseng moitié gros manseng mais sur un profil plus pointu et frais. Un assemblage de deux parcelles, le petit manseng vendangé en début de vendange, le gros manseng à la fin, ensuite vinifiés 8 mois en vieilles barriques de 8 à 12 ans avant d’être remis 15 mois en cuve inox. Des arômes d’écorces d’oranges et de citron sur des notes d’eucalyptus, de romarin, de sève de pin, d’une belle vivacité. (15,80€). « Le jurançon cherche une émancipation avec le sec qui se développe progressivement, commente Henri Ramonteu. Je suis le seul à faire plus de secs que de moelleux qui avoisinent les 60% dans l’appellation. La demande à l’international est d’ailleurs sur les secs qui représentent chez moi 80% des vins expédiés ».

La cuvée Boléro 2016 est une nouvelle version plus précise du 100% petit manseng cueilli en deux périodes, à la mi-octobre et mi-novembre avant élevage en barriques de 3 et 4 vins pendant 8 mois. Des arômes de fruits exotiques et d’ananas rôti avec zestes de citron et orange sanguine en bouche. Une corbeille de fruits qui fait oublier le sucre (15,80 €).

Lauzet et camaralet

Cauhapé utilise également ces deux nouveaux vins pour élaborer C de Cauhapé composé des têtes de cuvées de secs du domaine (actuellement le 2015 à 32€) et le Quatuor de Cauhapé avec le meilleur des moelleux (2015 à 42€). La cuvée Geyser (7,40€) assemble les 5 cépages de l’appellation, petit et gros manseng (chacun 30%), camaralet (30%), lauzet (5%) et courbu (5%). « Le lauzet apporte la rondeur avec des notes d’amande douce et des notes de rhubarbe ; le camaralet, plus prometteur, calme l’exubérance des mansengs et donne des notes de poivre blanc anisé. « Seuls une dizaine de producteurs ont replanté ces deux cépages autochtones, intéressants en complément pour élargir la palette aromatique mais pas à plus de 50% d’un assemblage. Ils servaient à élaborer des vins de bistrot après la guerre, jusque dans les années 60, mais ils ont été abandonnés au profit des mansengs avec plus de finesse et d’acidité, et qui se travaillent aussi bien en secs qu’en doux ». Ils font un timide retour chez quelques vignerons de l’appellation, ne serait-ce qu’au nom de l’ampélodiversité…