Le caviste de la Drôme a triomphé hier à Paris en finale de l’édition 2018 de cette compétition organisée par le Syndicat des Cavistes Professionnels, face à sept autres candidats.

Il avait frôlé le titre en 2016, en terminant sur la 2e marche du podium. En 2018, le voilà au firmament des cavistes ! Cyril Coniglio, propriétaire de la cave Rhône Magnum à Pont de l’Isère, dans la Drôme, a remporté hier à Paris le titre de meilleur caviste de France 2018. Accompagné sur le podium d’Eric Fèvre (Millésimes et Saveurs, 51) nommé caviste d’argent, et Jean-Philippe Leroy (Vinothentik, 26), caviste de bronze, il s’est vu remettre son trophée par le parrain de cette édition, le comédien et grand amateur de vin, François-Xavier Demaison. Organisée tous les deux ans par le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP), en partenariat avec le groupe Thiénot Bordeaux Champagne, cette compétition intercavistes (indépendants, intégrés, cavistes de chaîne, franchisés) vise à valoriser le professionnalisme des cavistes et à leur donner de la visibilité médiatique.

« Je suis tellement heureux, pour moi c’est le Graal ! » a commenté hier un Cyril Coniglio très ému, accompagné de ses plus fervents supporters, sa femme Laëtitia (caviste à ses côtés, d’ailleurs opposée à son mari en demi-finale) et ses deux enfants. « J’en ai rêvé la nuit, j’ai imaginé le meilleur comme le pire »… et c’est finalement le meilleur qui s’est produit ! Sommelier diplômé de l’école hôtelière d’Avignon, Cyril Coniglio est passé par plusieurs établissements de prestige (Christian Etienne * à Avignon, La Pyramide ** à Vienne, Paul Bocuse *** à Collonges-au-Mont-d’Or…), puis a exercé dix ans comme responsable commercial en vin dans le groupe M. Chapoutier, avant d’ouvrir sa cave en 2013.
Outre cette solide expérience, quel a été le secret du caviste pour gravir un par un les échelons de ce concours ? « Ne jamais se relâcher, répond le vainqueur sans hésitation. Même si le concours a lieu tous les deux ans, dès que j’ai fini le concours 2016, j’ai continué à bachoter et je n’ai pas attendu que les dates de 2018 tombent pour le préparer. Pour l’emporter, c’est une véritable lutte contre soi-même, avoue-t-il. Pour moi, la préparation mentale était peut-être même plus poussée que la préparation de mes connaissances. En finale, il faut surtout parvenir à ne pas perdre pied, savoir rester concentré, dans son thème, dans ce que l’on est aussi. Il y a un palier entre être timide et le théâtre, il ne faut pas trop en faire non plus. »

De l’art de l’endurance

Pour prétendre au titre de meilleur caviste de France, tels des sportifs de haut-niveau, les cavistes finalistes ont dû trouver leur second souffle depuis les premières épreuves. Ils étaient plus de 200 sur la ligne de départ avant la présélection opérée en ligne en mars, puis seulement 40 à s’affronter au château Belgrave à Bordeaux en demi-finale en septembre. Les huit finalistes ont dû et su jouer des neurones et des papilles hier à Paris. Et tenter de conserver des nerfs d’acier tout au long de la journée. Ils ont été évalués sur quatre épreuves (dégustation à l’aveugle commentée de cinq « liquides », simulation de vente/conseil sur un choix personnel, présentation orale d’un vin sélectionné par l’organisateur, quizz de connaissances), en plus de la visite d’un client mystère en amont, afin de jauger leurs qualités d’accueil ainsi que l’état général de leur commerce.
Pour trancher, un jury de haut-vol composé des président et vice-président du SCP (Yves Legrand et Patrick Jourdain), des vainqueurs 2014 et 2016 (Stéphane Alberti et Philippe Schlick), et d’un représentant des chaînes de cavistes (Patrick Fargeot, La Vignery). Avant l’annonce des résultats, Yves Legrand constatait avec satisfaction l’élévation constante du niveau de la compétition d’édition en édition. « Chaque année, c’est de plus en plus difficile, de plus en plus serré. Les huit candidats sont passés sur le grill et on les retournait sans cesse! » Epatés eux aussi, François-Xavier Demaison et Stanislas Thiénot se rejoignaient tous deux pour saluer les compétences et le professionnalisme des cavistes, « passeurs, ambassadeurs des vignerons, qui participent à l’image des maisons ».

La finale et après…

L’enjeu de cette victoire est considérable, avec une visibilité accrue et « une augmentation du chiffre d’affaires de 20% au moins » pour le lauréat dans l’année suivant son titre. Pour exemple, dans la foulée de sa victoire, le meilleur caviste de France 2014 Stéphane Alberti a ouvert un deuxième point de vente en 2015, mais aussi édité un livre sur les accords mets-vins en 2017. A ceux que cette trajectoire fait rêver, et qui ambitionnent de concourir en 2020, Cyril Coniglio recommande pour maître-mot « la persévérance. Il ne faut rien lâcher. Ceux qui ne sont pas arrivés sur le podium cette année, ce n’est pas parce qu’ils sont mauvais. Au contraire, s’ils sont là, ils sont même très bons. Mon téléphone sera toujours branché pour eux s’ils ont besoin de conseils ! »
Avec en tête ces conseils avisés, rendez-vous en 2020 pour une nouvelle édition du Concours du Meilleur Caviste de France !

Palmarès :

Caviste d’or : Cyril CONIGLIO : Rhône Magnum, la Cave – 26600 Pont de l’Isère
Caviste d’argent : Eric FEVRE : Millésimes et Saveurs – 51100 Reims
Caviste de bronze : Jean-Philippe LEROY : Vinothentik – 26120 Chabeuil
4e : Marco BERTOSSI : La Dolia – 34170 Castelnau le Lez

5e : Antoine SFEIR : Le Repaire de Bacchus – 75015 Paris 

6e : Franck NAUDOT : Les Caves Naudot – 03800 Gannat

7e : Fabrice RENNER : Au Monde du Vin – 68300 Saint-Louis

8e : Julien RUAULT : Cave Nicolas – 51100 Reims