Ci-dessus : le vignoble de Gaillac.
Ci-dessus : le vignoble de Gaillac.

Les récoltes 2016 se terminent dans le Sud-Ouest avec encore quelques vendanges tardives, moelleux et doux qui peuvent s’étirer jusqu’à la Saint Sylvestre.

Loin de l’œil en Gaillac, mansengs en Gascogne, Pacherenc et Jurançon seront les derniers à être récoltés, un peu plus tardivement cette année (une à deux semaines de plus en moyenne) comme les malbecs du Lot qui ont subi quelques coulures et les fer servadou de l’Aveyron. Mais les autres appellations ont terminé leurs vendanges, les blancs depuis septembre, les rouges en octobre.

Après un hiver marqué par des douceurs records et un très fort ensoleillement, une belle sortie de grappes, le millésime a été plutôt arrosé jusqu’au début de l’été, le printemps frais et humide ayant de surcroît ralenti la floraison. La pression du mildiou a été bien maîtrisée et le mois d’août caniculaire engendrant du stress hydrique (jusqu’à –80% d’hygrométrie en Lot-et-Garonne) a ralenti la véraison. « Au global il y a eu suffisamment d’eau cet été grâce aux entrées maritimes régulières jusque fin juillet et les pluies de fin août ont permis de relancer les maturités, commente le négociant-vinificateur Lionel Osmin. Nous avons juste un millésime plus tardif. Et au regard des prévisions de mi-août qui présageait une demie récolte, on s’en sort bien finalement à -25% ou -30% au global sur le Sud-Ouest ; c’est presque une bonne surprise ». Même satisfaction pour Jacques Tranier, directeur de Vinovalie qui surenchérit « C’est la grosse surprise de l’année : une belle récolte en volume et en qualité, surtout pour Fronton et Gaillac ; c’est suffisamment rare pour s’en réjouir. Seul bémol, la récolte du Lot à -25% mais de bonne qualité. Il y a de la matière avec beaucoup d’anthocyanes et nous avons hâte de voir ce que ça va donner ».

« Pas vu ça depuis 50 ans ! »

Cédric Carcenac, président de l’AOC Gaillac se réjouit également du millésime : « Malgré des conditions de maturation compliquées, surtout dans le cadre de l’objectif de réduction des intrants de 30% du plan Ecophyto, nous avons atteint notre record de rendement depuis mon installation il y a dix ans à +10-15% avec un joli raisin, des jus bien concentrés en couleur et matière avec un bon degré d’alcool (12, 5 voire 13°). Les Anciens disent qu’ils n’ont pas vu ça depuis 50 ans ! ». Dans le Bergeracois, productivité et maturité étaient au rendez-vous avec un bel équilibre mais 2016 restera une année technique pour laquelle il a été difficile d’anticiper les vendanges ; dans le Marmandais, on atteint même une récolte à +15% : « cette année va faire du bien aux stocks de la coopérative, reconnaît Patrick Jean coopérateur de la cave du Marmandais à Cocumont (47). Nous avons atteint les rendements espérés avec un très bon raisin en général et malgré quelques parcelles qui ont souffert de la sécheresse cet été. Heureusement, l’averse de mi-septembre a débloqué la maturation au moment opportun ».

Le Lot, Madiran et Tursan restent pénalisés en volumes par les intempéries du printemps mais au global, les rendements sont comparables à ceux de 2015 et parfois même supérieurs à ceux de la dernière décennie sur certains secteurs (+10% en Gascogne, +30% en Ariège, +15% à Marmande).