La rumeur, sortie il y a quelques jours, avait été accueillie avec un mélange de stupeur et de circonspection par le monde du vin bordelais : le château Angélus, 1er Grand Cru Classé ‘A’ de Saint-Émilion appartenant à la famille de Boüard de Laforest, serait-il à vendre ? Du côté des intéressés, on dément formellement, tout en concédant qu’une partie de l’actionnariat familial souhaite se désengager.

« Les choses sont extrêmement claires, Château Angélus n’est pas à vendre ». Contactée par la rédaction de Terre de Vins, Stéphanie de Boüard-Rivoal, Directrice Générale d’Angélus, confirme de vive voix le contenu d’un démenti envoyé quelques instants plus tôt aux professionnels de la place de Bordeaux : contrairement à une rumeur qui a pris de l’ampleur depuis quelques jours, le 1er Grand Cru Classé ‘A’ de Saint-Émilion ne cherche pas de nouvel acquéreur. En revanche, il est vrai qu’une minorité de l’actionnariat, exclusivement familial à ce jour, a manifesté son souhait de sortir du capital – tout en sachant qu’une cession ne peut intervenir qu’au sein même de la famille en priorité.

« Ce qui se passe n’a rien d’exceptionnel, c’est un cas classique dans une entreprise familiale », poursuit Stéphanie de Boüard-Rivoal. « Cela s’est déjà produit par le passé, à l’époque de mon grand-père qui avait repris des parts dans la famille ; moi-même j’ai racheté auprès de mon père il y a quelques années. Or toute cession doit recevoir l’agrément du Conseil de surveillance. L’important est donc que la quasi-totalité de l’actionnariat familial est très soudé, va dans le même sens pour le développement d’Angélus et exclut catégoriquement l’arrivée d’un tiers ».

On oublie donc tout scénario à la Petrus avec l’arrivée surprise d’un investisseur totalement étranger à la famille. Les choses se règleront en interne. « Nous avons une histoire assez longue, qui s’écrit sur huit générations, nous sommes donc déterminés à garder un actionnariat familial. Il faut faire attention à nuancer les informations qui peuvent circuler, sans tomber dans le sensationnalisme », modère la directrice générale, qui reconnait toutefois qu’Angélus a toujours nourri des convoitises – et en suscite toujours : « nous avons souvent reçu des offres extérieures, c’était déjà le cas quand j’étais petite, cela a encore pu être le cas pas plus tard que l’année dernière, mais Angélus n’est pas à vendre. Quand aux montants évoqués ces derniers jours (près de 500 millions d’euros, NDLR), ils sont totalement farfelus et ne visent qu’à semer la division ».

Le Château Angélus couvre une superficie de 39 hectares à Saint-Émilion. Reconnu Premier Grand Cru Classé ‘A’ depuis 2012, il est dirigé par Stéphanie de Boüard-Rivoal et son cousin germain Thierry Grenié de Boüard, qui ont succédé à Hubert de Boüard.